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Ceprincipe, connu sous lenomdeprincipeALARA

(As Low

As ReasonablyAchievable),

conduit par exemple à réduire,

dans les autorisations de rejets, les quantités de radionu-

cléides présents dans les effluents radioactifs issus des

installations nucléaires, à imposer une surveillance des

expositions au niveau des postes de travail dans le but de

réduire ces expositions au strict nécessaire ou encore à

veiller à ce que les expositionsmédicales résultant d’actes

diagnostiques restent proches de niveaux de référence

préalablement établis.

1.1.7 Le principe de limitation

Le principe de limitation, défini par l’article L. 1333-2 du

code de la santé publique dispose que

« […] l’exposition

d’une personne aux rayonnements ionisants […] ne peut por-

ter la somme des doses reçues au-delà des limites fixées par

voie réglementaire, sauf lorsque cette personne est l’objet d’une

exposition à des fins médicales ou de recherche biomédicale. »

Les expositions induites par les activités nucléaires pour

la population générale ou les travailleurs font l’objet de

limites strictes. Celles-ci comportent desmarges de sécurité

importantes pour prévenir l’apparitiondes effets détermi-

nistes ; elles ont également pour but de réduire, auniveau

le plus bas possible, l’apparition des effets probabilistes

à long terme.

Le dépassement de ces limites traduit une situation anor-

male, qui peut d’ailleurs donner lieu à des sanctions admi-

nistratives ou pénales.

Dans le cas des expositionsmédicales des patients, aucune

limite stricte de dose n’est fixée dans la mesure où cette

exposition à caractère volontaire doit être justifiée par

le bénéfice attendu en termes de santé pour la personne

exposée.

1.1.8 Le principe de prévention

Pour anticiper toute atteinte à l’environnement, le principe

de prévention, défini à l’article 3de laCharte de l’environ-

nement, prévoit la mise en œuvre de règles et d’actions

qui doivent tenir compte des

« meilleures techniques dispo-

nibles à un coût économiquement acceptable ».

Dans le domaine nucléaire, ce principe se décline par

le concept de défense en profondeur présenté ci-après.

1.2 Quelques aspects de la démarche

de sûreté

Les principes et démarches de la sûreté présentés ci-après

ont étémis enplace progressivement et intègrent le retour

d’expérience des accidents. La sûreté n’est jamais défi-

nitivement acquise. Malgré les précautions prises pour

la conception, la construction et le fonctionnement des

installations nucléaires, un accident ne peut jamais être

exclu. Il faut donc avoir la volontédeprogresser etmettre en

place une démarche d’amélioration continue pour réduire

les risques.

1.2.1 La culture de sûreté

La culture de sûreté est définie par l’INSAG

(International

Nuclear SafetyAdvisoryGroup)

, groupe consultatif interna-

tional pour la sûreté nucléaire placé auprès du directeur

général de l’AIEA, comme l’ensemble des caractéristiques

et des attitudes qui, dans les organismes et chez les indi-

vidus, font que les questions relatives à la sûreté des ins-

tallations nucléaires bénéficient, enpriorité, de l’attention

qu’elles méritent en raison de leur importance.

La culture de sûreté traduit donc la façon dont l’organisa-

tion et les individus remplissent leurs rôles et assument

Les principes fondamentaux de sûreté

L’AIEA définit les dix principes suivants

dans sa publication « SF-1 » :

1. la responsabilité en matière de sûreté doit incomber

à la personne ou à l’organisme responsable des installations

et activités entraînant des risques radiologiques ;

2. un cadre juridique et gouvernemental efficace pour la sûreté,

y compris un organisme de réglementation indépendant,

doit être établi et maintenu ;

3. une capacité de direction et de gestion efficace de la sûreté

doit être mise en place et maintenue dans les organismes

qui s’occupent des risques radiologiques et dans les

installations et activités qui entraînent de tels risques ;

4. les installations et activités qui entraînent des risques

radiologiques doivent être globalement utiles ;

5. la protection doit être optimisée de façon à apporter le plus

haut niveau de sûreté que l’on puisse raisonnablement

atteindre ;

6. les mesures de contrôle des risques radiologiques doivent

protéger contre tout risque de dommage inacceptable ;

7. les générations et l’environnement actuels et futurs

doivent être protégés contre les risques radiologiques ;

8. tout doit être concrètement mis en œuvre pour prévenir

les accidents nucléaires ou radiologiques et en atténuer

les conséquences ;

9. des dispositions doivent être prises pour la préparation

et la conduite des interventions d’urgence en cas d’incidents

nucléaires ou radiologiques ;

10. les actions protectrices visant à réduire les risques

radiologiques existants ou non réglementés doivent

être justifiées et optimisées.

COMPRENDRE

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CHAPITRE 02 :

LES PRINCIPES ET LES ACTEURS DU CONTRÔLE DE LA SÛRETÉ NUCLÉAIRE ET DE LA RADIOPROTECTION

Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2015