Table of Contents Table of Contents
Previous Page  203 / 536 Next Page
Information
Show Menu
Previous Page 203 / 536 Next Page
Page Background

2.3 Le Groupe des chefs d’autorités

de sûreté européennes

L’ASNparticipe activement aux travaux de l’ENSREGqui

soutient la Commission européenne dans ses initiatives

enmatière de législation européenne. Quatre groupes de

travail, consacrés respectivement à la sûreté des installa-

tions, à la sûreté de la gestion des déchets radioactifs et

du combustible usé, à la transparence dans le domaine

nucléaire et à la coopération internationale (hors de l’Union

européenne) ont été créés.

Le 26 avril 2012, un an après l’accident de la centrale de

Fukushima, une déclaration conjointe de l’ENSREG et

de la Commission européenne concluait l’exercice des

tests de résistance (

« stress tests »

) des centrales nucléaires

européennes. Cette déclaration soulignait la nécessité de

mettre enplace unpland’action global pour s’assurer que

ces tests de résistance seraient suivis de mesures d’amé-

lioration de la sûreté, à l’échelle nationale, et que celles-ci

seraient mises en œuvre de manière cohérente.

Ce plan d’action global élaboré par l’ENSREG prévoyait,

notamment, la publication pour la fin de l’année 2012,

par l’autorité de sûreté nucléaire de chaque État, d’un

plan d’action national et l’analyse de chacun d’entre eux

au cours d’un séminaire regroupant les autorités de sûreté

concernées. Ce séminaire s’est déroulé en avril 2013. Un

nouvel exercice de suivi des recommandations des

stress

tests

a été réalisé en 2015.

Ainsi, les autorités de sûreté ont été invitées àmettre à jour

leur pland’action fin 2014dans la perspective d’une revue

par les pairs au niveau européen, qui s’est conclue par un

séminaire organisé par l’ENSREG au printemps 2015.

Par ailleurs, l’ENSREG a organisé les 29 et 30 juin 2015 à

Bruxelles la troisième éditionde la conférence européenne

sur la sûreté nucléaire. Cette conférence a dressé l’état des

lieux de la sûreté en Europe.

2.4 La directive européenne sur

la sûreté des installations nucléaires

La directive 2009/71/EuratomduConseil du25 juin2009

vise à établir uncadre communautairepermettant d’assurer

la sûreté nucléaire au seinde laCommunauté européenne

de l’énergie atomique et à encourager les Étatsmembres à

garantir un niveau élevé de sûreté nucléaire.

L’Union européenne a ainsi mis fin à l’absence d’une légis-

lation européenne enmatière de sûreté nucléaire. Celle-ci

présente l’avantage de rendre contraignantes les disposi-

tions qu’elle contient et de prévoir leur transpositiondans

la législation des 28 États membres.

Au22 juillet 2011, laFrance s’est conformée à ses obligations

de transposition de la directive.

Comme le prévoit la directive de 2009, la France a envoyé

à la Commission européenne un premier rapport national

sur la mise en œuvre de la directive fin juillet 2014. La

préparation de ce rapport national a été confiée à l’ASN.

Elle a impliqué, outre l’ASN, les principales administra-

tions françaises concernées, ainsi que les exploitants des

installations nucléaires visées par la directive (notamment

les réacteurs électronucléaires, les installations du cycle

du combustible et les réacteurs de recherche).

Dans le cadre du mandat donné par les chefs d’État et les

gouvernements en mars 2011 demandant à la Commis-

sion européenne de réfléchir auxnécessaires évolutions du

cadre européende la sûreté après l’accident de Fukushima,

celle-ci a indiqué qu’elle avait l’intention de proposer de

réviser la directive de 2009 et d’associer l’ENSREGà cette

réflexion au début de l’année 2013.

Dans le cadre de la négociation à Bruxelles, l’ASN a

adopté un avis pour souligner avec satisfaction des avan-

cées certaines par rapport à la directive existante du

25 juin 2009.

L’ASN a notamment insisté sur les points suivants :

renforcement des dispositions sur la transparence et

l’implication du public;

définition d’objectifs de sûreté pour les installations

nucléaires couvrant toutes les étapes de leur fonction-

nement et tenant compte des conclusions de la dernière

réunion des parties contractantes à la convention sur

la sûreté nucléaire;

obligationde conduiredes réexamens périodiques décen-

nauxdes installations, qui constitue l’unedes recomman-

dations issues des tests de résistance européens menés

après l’accident de Fukushima.

L’ASNa toutefois souligné que le nouveau cadre européen

de la sûreté nucléaire, voulu par le Conseil européen et le

Parlement, ne pourrait trouver sa pleine mesure à terme

que si ce cadre:

ne créait pas d’ambiguïté sur la responsabilitéducontrôle

de la sûreté nucléaire;

renforçait encore l’indépendance institutionnelle des

autorités de sûreté, au-delà de la séparation fonction-

nelle, ces autorités devant notamment être juridiquement

indépendantes des autorités chargées de la politique

énergétique;

prévoyait, en Europe, un mécanisme commun d’exa-

mens des problématiques de sûreté réalisés sous la res-

ponsabilité des autorités de sûreté, faisant l’objet d’une

revue et d’un suivi par les pairs dont les résultats soient

rendus publics;

assurait la cohérence des dispositions prises par les États

membres permettant de gérer une situation d’urgence

radiologique en Europe.

La directive révisée de l’Union européenne a été adop-

tée le 8 juillet 2014 et a tenu compte de la très grande

majorité des points d’amélioration du texte soulignés

par l’ASN. Elle prévoit des pouvoirs et une autonomie

accrus pour les autorités nationales de sûreté, fixe un

203

CHAPITRE 07 :

LES RELATIONS INTERNATIONALES

Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2015