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S’ils sont peunombreux ennombre, les ESRdéclarés dans

le domaine de la radiologie interventionnelle présentent

les conséquences les plus graves avec la survenue d’effets

déterministes pour le patient. Dans 3 cas d’événements

déclarés en 2015, la survenue d’effets tissulaires chez des

patients a été constatée.

Les événements concernant les sources, les déchets

et les effluents radioactifs (6 % des ESR déclarés)

Ces ESR sont liés à la perte de sources radioactives ou à la

dispersion de radionucléides (fuites d’effluents radioac-

tifs au niveau des canalisations ou des cuves, obstruction

de canalisations, rejets d’effluents non maîtrisés dans le

réseau d’assainissement collectif, évacuation de déchets

vers une filière inappropriée). Le nombre d’ESR déclarés

est en très nette diminution en 2015 avec 28 ESR notifiés

contre 47 en 2014. Malgré le retour d’expérience diffusé

par l’ASNà l’ensemble des services demédecine nucléaire

en 2009 et 2012, des événements concernant des fuites

d’effluents radioactifs provenant des services de méde-

cine nucléaire sont toujours constatés. Ils sont liés à des

défaillances dans la maintenance et le suivi des installa-

tions qui deviennent vétustes.

En 2015, l’ASNa classé 2 événements relatifs à des pertes

de sources au niveau 1 de l’échelle INES pour défaut de

culture de sûreté.

L’ exposition médicale de femmes ignorant

leur grossesse (20 % des ESR déclarés)

Les déclarations faites à l’ASN portent sur l’exposition

du fœtus chez une femme ignorant son état de grossesse

lors de la réalisation d’un examen d’imagerie médicale

(radiologie etmédecine nucléaire). Pour les événements de

radiologie déclarés en 2015, les doses reçues étaient sans

conséquence attendue pour le fœtus ou l’enfant après sa

naissance (CIPR, 2007). À la suite de plusieurs événements

déclarés enmédecine nucléaire, la SFMN a actualisé, à la

demande de l’ASN, ses recommandations concernant la

recherche d’un état de grossesse chez les femmes en âge

de procréer.

L’analyse de ces déclarationsmet rarement en évidence des

défaillances dans l’informationqui est délivrée aux femmes

en amont de l’examen lors de la prise de rendez-vous,

avant l’examen et par affichage dans les cabines. Ces décla-

rations représentent 99 % des déclarations faites sous le

critère « public ».

La synthèse des ESR déclarés en 2015

Les événements déclarés à l’ASN en 2015 montrent que

les conséquences les plus significatives du point de vue

de la radioprotection concernent:

pour les travailleurs: lamédecine nucléaire (contamina-

tions de travailleurs, exposition externe) et la radiologie

interventionnelle (exposition externe des opérateurs et,

enparticulier, celle des extrémités) bienqu’il soit difficile

d’avoir une connaissance exhaustive de ces situations en

raison du faible port des dosimètres par les praticiens

interventionnels;

pour les patients : la radiologie interventionnelle avec

des effets déterministes observés chez des patients ayant

bénéficié d’actes longs et complexes, la radiothérapie

particulièrement pour les traitements hypofractionnés

et, enfin, lamédecine nucléaire, avec des erreurs d’admi-

nistration de radiopharmaceutiquespour des cohortes

de patients;

pour le public et l’environnement, lamédecine nucléaire,

avec des fuites de canalisations et de dispositifs de confi-

nement des effluents radioactifs.

Le retour d’expérience des ESRdéclarés à l’ASNsouligne à

nouveau la nécessité d’accroître les interventions des PCR

et des physiciens médicaux dans la gestion de la radio-

protection, de développer la formation des profession-

nels utilisant les rayonnements ionisants, de mettre en

œuvre des démarches de management de la qualité et de

la sécurité et d’évaluation des pratiques professionnelles.

Centre hospitalier régional universitaire

de Lille. Interversion de deux patients

lors de traitement au Gamma Knife

®

Du fait d’une interversion de deux patients devant être traités

par une séance unique de radiothérapie, l’un des patients

a été traité avec les paramètres de traitement définis pour

le second et vice-versa. Le premier patient a reçu l’intégralité

de la dose prévue pour le second patient ; la séance

de traitement de ce dernier a pu être interrompue lorsque

le personnel s’est aperçu de l’erreur, au moment du retour

du premier patient dans sa chambre d’hospitalisation.

Les investigations de l’ASN, menées lors des deux inspections

des 9 janvier et 2 mars 2015, ont révélé que les causes

immédiates résultaient de l’absence, d’une part, de vérification

de l’identité de chacun des patients avant le lancement de leur

traitement, d’autre part, de programme précisant l’ordre

de passage des patients alors même que ces derniers étaient,

au même moment, en attente de leur traitement dans

une même salle d’attente. Les causes profondes sont dues à

un environnement organisationnel non maîtrisé (mise en route

tardive des traitements, interruption des tâches liées à des

problèmes techniques, contraintes d’accès à l’imagerie…),

et ceci dans un contexte de charge de travail importante.

Si des mesures correctives ont été prises telles que la mise

en œuvre d’une check-list où la double vérification de l’identité

du patient est formalisée et tracée, la formalisation de

l’organisation pour définir l’ordre de passage des patients,

la révision du circuit patient, l’ASN considère que des voies

d’amélioration sont nécessaires notamment en matière de

gestion du circuit des patients et en termes de redéfinition des

responsabilités à chaque étape de ce processus de traitement.

À NOTER

311

CHAPITRE 09 :

LES UTILISATIONS MÉDICALES DES RAYONNEMENTS IONISANTS

Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2015