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être telles que l’exploitant conserve à toutmoment l’entière

maîtrise et la responsabilité de la sûreté de ses installations.

Par ailleurs, du fait du nombre important des réacteurs

nucléaires exploités par EDF, les choix d’externalisation

réalisés par cette entreprise ont un impact structurant

sur le tissu industriel spécialisé dans les fournitures et la

maintenance nucléaire.

Un système de qualification préalable des prestataires a

été mis en place par EDF. Il repose sur une évaluation du

savoir-faire technique et de l’organisation des entreprises

sous-traitantes. Ses principes sont décrits dans la « chartede

progrès et de développement durable », signée entre EDF

et ses principaux prestataires. En 2013, la filière nucléaire

française a défini un « cahier des charges social » appli-

cable aux prestations de services et de travaux réalisées

sur une installationnucléaire. EDF transpose ce cahier des

charges social dans sesmarchés de sous-traitance pour les

réacteurs en fonctionnement depuis juillet 2013.

L’article 124 de la loi n° 2015-992 du 17 août 2015 rela-

tive à la transition énergétique pour la croissance verte dis-

pose, en raison de l’importance particulière de certaines

activités pour la protection des intérêtsmentionnés à l’ar-

ticle L. 593-1 du code de l’environnement, qu’un décret

enConseil d’État peut encadrer ou limiter le recours à des

prestataires ou à la sous-traitance pour leur réalisation.

De plus, l’article 124 dispose que l’exploitant doit assu-

rer une surveillance des activités importantes pour la pro-

tection des intérêtsmentionnés aumême article L. 593-1

lorsqu’elles sont réalisées par des intervenants extérieurs

et veiller à ce que ces intervenants extérieurs disposent

des capacités techniques appropriées pour la réalisation

desdites activités. Il ne peut déléguer cette surveillance

à un prestataire.

L’arrêté du 7 février 2012 fixant les règles générales rela-

tives aux installations nucléaires de base impose à l’exploi-

tant d’exercer une surveillance des activités réalisées par

les intervenants extérieurs, afin de vérifier que les opéra-

tions qu’ils réalisent respectent les exigences définies et,

plus globalement, qu’ils appliquent la politique définie par

l’exploitant en matière de sûreté nucléaire, de radiopro-

tection et de protection de l’environnement. L’exploitant

doit également veiller à la disponibilité d’un nombre suf-

fisant de prestataires disposant de la compétence requise

pour assurer les opérations de maintenance nécessaires

au maintien du niveau de sûreté des réacteurs.

L’ ASN réalise des inspections sur les conditions dans

lesquelles se déroule la sous-traitance chez EDF. L’ ASN

contrôle, en particulier, la mise en œuvre et le respect

par EDF d’une démarche permettant d’assurer la qualité

des activités sous-traitées : le choix des entreprises, la sur-

veillance des interventions, la prise en compte du retour

d’expérience et l’adaptation des ressources au volume de

travail à réaliser. Au titre de ses missions d’inspection du

travail, l’ASN veille aussi à la protection des travailleurs,

notamment au respect des règles en matière de santé et

sécurité, au respect de la durée des temps de travail et

de repos, et vérifie la licéité des contrats de prestations

de service en appréciant en particulier l’autonomie des

sous-traitants par rapport à leurs donneurs d’ordre pour

la réalisation des prestations.

2.8.2 La correction des écarts

Les contrôles engagés à l’initiative d’EDF et les vérifications

additionnelles demandées par l’ASNpeuvent conduire à la

détectiond’écarts par rapport aux exigences définies

1

, qui

doivent alors être traités. Ces écarts peuvent avoir diverses

origines: problèmes de conception, défauts de réalisation

lors de la construction,maîtrise insuffisante des opérations

de maintenance, dégradations dues au vieillissement…

Les actions de détection et de correction des écarts, dont

l’accomplissement est prescrit par l’arrêté du 7 février

2012 fixant les règles générales relatives aux installations

nucléaires de base, jouent un rôle important pour lemain-

tien du niveau de sûreté des installations.

1. L’ arrêté du 7 février 2012 définit la notion d’écart comme

le

« non-respect d’une exigence définie, ou non-respect

d’une exigence fixée par le système de management intégré

de l’exploitant susceptible d’affecter les dispositions

mentionnées au deuxième alinéa de l’article L. 593-7

du code de l’environnement »

.

Les exigences définies

L’arrêté du 7 février 2012 modifié dispose qu’une exigence

définie est une

« exigence assignée à un élément

important pour la protection (EIP), afin qu’il remplisse

avec les caractéristiques attendues la fonction prévue dans

la démonstration mentionnée au deuxième alinéa de l’article

L. 593-7 du code de l’environnement ou à une activité

importante pour la protection (AIP) afin qu’elle réponde

à ses objectifs vis-à-vis de cette démonstration »

.

Pour les EIP, ces exigences peuvent notamment porter sur :

• les caractéristiques des matériaux constitutifs ;

• les procédés de fabrication, d’assemblage, de montage

et de réparation ;

• les grandeurs physiques et critères caractéristiques

de la performance de l’EIP.

Pour les AIP, les exigences peuvent notamment porter sur :

• les compétences nécessaires pour l’accomplissement

de l’activité ;

• les habilitations nécessaires, le cas échéant ;

• les contrôles et points d’arrêt ;

• les équipements et matériels requis pour permettre

l’exécution de l’activité dans le respect des exigences

réglementaires, voire contractuelles, de façon à garantir

le respect de la démonstration de sûreté.

COMPRENDRE

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CHAPITRE 12 :

LES CENTRALES NUCLÉAIRES D’EDF

Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2015