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Après le démantèlement des générateurs de vapeur et du

circuit primaire, l’ASN a autorisé, par décision du 3 mars

2014, le démantèlement de la cuve du réacteur dont le

début est prévu en 2016.

En 2015, les travaux préparatoires au démantèlement

de la cuve du réacteur de Chooz A ont commencé. Les

batardeaux de la piscine réacteur ont été démantelés et le

pressuriseur démantelé en 2013 a été évacué.

Dans les domaines de l’environnement et de la sûreté

nucléaire, l’ASN considère que les opérations de déman-

tèlement sont réalisées de manière satisfaisante.

Dans le domaine de la radioprotection, l’ASN a constaté

en2015 les progrès réalisés par EDFdans le cadre duplan

d’actionmis enœuvre en 2014. L’ ASN considère qu’EDF

devramaintenir ses efforts de formation et de sensibilisa-

tion de ses prestataires extérieurs sur ce sujet.

Plusieurs incidents ont eu lieu en 2014 et 2015 lors d’in-

terventions sur des tableaux de distribution électriques,

dus à unmanque de préparation des activités concernées

et à la co-activité.

Le réexamen périodique de Chooz A devra avoir été ter-

miné par EDF en2017. L’ ASNa instruit en2015 les orien-

tations de ce réexamen.

2.1.6 Le réacteur Superphénix et l’APEC

Le réacteur à neutrons rapides Superphénix, prototype

industriel refroidi au sodium, est implanté àCreys-Malville.

Il a été définitivement arrêté en1997. Cette installation est

associée à une autre INB, l’Atelier pour l’entreposage des

combustibles (APEC), constituée principalement d’une

piscine d’entreposage dans laquelle est entreposé le com-

bustible évacué de la cuve du réacteur Superphénix et d’un

entreposage des colis de béton sodé issus de l’installation

de traitement du sodium (TNA).

L’ASN considère que la sûreté des opérations de déman-

tèlement du réacteur Superphénix et d’exploitation de

l’APEC est assurée de manière satisfaisante. Les progrès

relevés par l’ASNen2014 en termes de rigueur d’exploita-

tion et de suivi de la réalisation des opérations demainte-

nance et des essais périodiques se sontmaintenus en2015.

En outre, après les anomalies relevées en 2014, l’exploi-

tant a réalisé un travail de recensement des rétentions

présentes sur le site et de définition de programmes de

contrôle associés. Néanmoins, l’ASNa demandé en 2015

à EDFdemettre rapidement enplace une organisation lui

permettant d’assurer l’évacuation et le traitement, dans

les plus brefs délais, des substances dangereuses suscep-

tibles de s’accumuler dans les rétentions.

Enfin, l’ASN a vérifié que l’organisation et les disposi-

tions en matière de radioprotection des travailleurs et de

transport de matières radioactives étaient conformes à la

réglementation.

L’ instruction du dossier transmis pour l’autorisation du

traitement du sodium résiduel de la cuve et sa mise en

eau n’a pas fait apparaître de point bloquant. La prépa-

ration et le déroulement de ces opérations représentent

les principales activités à enjeu pour l’année à venir. Les

dossiers de réexamen périodique du réacteur Superphénix

et de l’APEC ont été transmis en 2016. L’ ASN s’était pro-

noncée en 2014 sur les orientations de ces prochains

réexamens périodiques et engagera l’instruction tech-

nique des dossiers reçus.

Les enjeux liés au démantèlement

de la cuve d’un REP

Le réacteur Chooz A est un réacteur à eau sous pression (REP),

comme les 58 réacteurs en fonctionnement d’EDF. Il est donc le

premier réacteur de cette technologie à être démantelé en France

par EDF et le premier réacteur à l’arrêt à démanteler sa cuve.

Le décret n° 2007-1395 du 27 septembre 2007 autorisant

le démantèlement du réacteur de Chooz A, a fixé quatre

points d’arrêts : le démantèlement du circuit primaire, le

démantèlement de la cuve, l’engagement des étapes 2

(phase de surveillance) et 3 (démolition et réaménagement

du site), considérant que ces opérations en changements

d’étape nécessitaient une instruction particulière. Ainsi, l’ASN

a donné l’autorisation de démanteler la cuve en 2014.

Les principaux enjeux du démantèlement de la cuve sont les

suivants :

1 - La radioprotection des travailleurs est un sujet majeur.

En effet, la cuve, dont le métal a été activé, ne peut pas

être préalablement décontaminée (contrairement aux

générateurs de vapeur, déjà démantelés), pour réduire le

débit de dose. EDF a donc prévu de réaliser les opérations

de retrait des éléments de la cuve et de découpe de la

cuve, sous eau, dans la piscine du réacteur, par des moyens

télé-opérés.

2 - Il existe un enjeu lié à la manutention de gros composants

(la cuve pèse environ 200 tonnes).

3 - Des nouveaux équipements doivent être construits pour

traiter et conditionner les déchets.

4 - La gestion des déchets présente un enjeu important puisque

les déchets activés, une fois caractérisés et conditionnés,

devront être évacués vers l’Installation de conditionnement et

d’entreposage de déchets activés (Iceda). Cette installation

devra donc être mise en service dans un délai compatible

avec l’avancement du démantèlement de la cuve.

Face à ces enjeux, EDF bénéficie notamment du retour

d’expérience international concernant des réacteurs

de technologie identique sur lesquels a été utilisé le même

procédé, notamment la centrale de Zorita en Espagne.

COMPRENDRE

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CHAPITRE 15 :

LA SÛRETÉ DU DÉMANTÈLEMENT DES INSTALLATIONS NUCLÉAIRES DE BASE

Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2015