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mises en application lors de la conception de nouvelles

installations d’entreposage ou de leurs réexamens pério­

diques par les exploitants.

Enfin, l’Andra précise avoir arrêté ses recherches concer­

nant les installations d’entreposage à faible profondeur du

fait notamment de la gestiondes eaux souterraines, d’une

plus grande complexité – notamment pour la gestion de

la ventilation dans le cas de déchets exothermiques – et

d’une moindre flexibilité. Le niveau de détail technique

du document remis par l’Andra ne permet cependant pas

de statuer sur la pertinence de l’abandon définitif de l’op­

tion de conception d’installations d’entreposage à faible

profondeur. Ainsi, l’ASNestime que l’Andra doit préciser

les éléments technico-économiques permettant de com­

parer les avantages et inconvénients d’un entreposage en

sub-surface par rapport à une installation en surface ou

partiellement enterrée notamment en termes de robus­

tesse et de sûreté vis-à-vis des agressions d’origine externe.

Le stockage réversible en couche géologique

profonde

Les études sur le stockage en couche géologique pro­

fonde s’inscrivent dans les orientations inscrites à l’ar­

ticle L. 542-1-2 du code de l’environnement, à savoir

qu’

« après entreposage, les déchets radioactifs ultimes ne pou­

vant pour des raisons de sûreté nucléaire ou de radioprotection

être stockés en surface ou en faible profondeur font l’objet d’un

stockage en couche géologique profonde »

.

La loi « déchets » confie à l’Andra la mission de conce­

voir unprojet de centre de stockage en couche géologique

profonde, considéré comme une INB et soumis à ce titre

au contrôle de l’ASN.

Le principe de ce stockage

Le stockage de déchets radioactifs en couche géologique

profonde consiste àmettre en place, sans intention de les

reprendre, des colis de déchets radioactifs dans une ins­

tallation souterraine implantée dans une couche géolo­

gique dont les caractéristiques permettent de confiner les

substances radioactives contenues dans ces déchets. Une

telle installationde stockage – contrairement aux installa­

tions d’entreposage – doit être conçue de telle sorte que la

sûreté à long terme soit assurée demanière passive, c’est-à-

dire sans dépendre d’actions humaines (comme des acti­

vités de surveillance ou de maintenance) qui nécessitent

un contrôle institutionnel dont la pérennité ne peut être

garantie au-delà d’une période de temps limitée. Enfin, la

profondeur des ouvrages de stockagedoit être telle qu’ils ne

puissent être affectés de façon significative par les phéno­

mènes naturels externes attendus (érosion, changements

climatiques, séismes…) ou par des activités humaines

« banales ».

Dans ces conditions, l’ASN a considéré, dans son avis du

1

er

 février 2006, le stockage en couche géologique pro­

fonde comme

« une solution de gestion définitive qui appa­

raît incontournable »

.

L’ASN a publié en 1991 la RFS III-2-f (règle fondamen­

tale de sûreté) définissant des objectifs à retenir dans les

phases d’études et de travaux pour le stockage définitif

des déchets radioactifs en formation géologique profonde

afin d’assurer la sûreté après la période d’exploitation du

stockage. En 2008, elle en a publié une mise à jour sous

la forme du guide de sûreté n° 1.

Le laboratoire souterrain de Meuse/Haute-Marne

Les études sur le stockage en couche géologique profonde

nécessitentlaréalisationderecherchesetd’expérimentations

aumoyend’unlaboratoiresouterrain.L’Andraexploitedepuis

1999un tel laboratoire souterrainsur la communedeBure.

L’ ASN émet des recommandations sur ces recherches

et expérimentations et s’assure, par des visites de suivi,

qu’elles sont réalisées selon des processus garantissant

la qualité des résultats obtenus.

Les instructions techniques

Dans le cadrede la loi du30 décembre 1991 jusqu’en2006,

puis dans le cadre de la loi « déchets » du 28 juin 2006

et du PNGMDR, l’Andra a mené des études et remis des

rapports et dossiers sur le stockage en couche géologique

profonde. Ces derniers ont été examinés par l’ASN – en

prenant notamment appui sur le guide de sûreté de 2008–

et ont fait l’objet d’avis.

L’ASN a ainsi instruit principalement des dossiers d’en­

semble remis en 2005 et fin 2009 par l’Andra. L’ ASN a

notamment rendu auGouvernement des avis sur ces dos­

siers les 1

er

 février 2006 et 26 juillet 2011.

Le travail de l’Andra se poursuit et l’ASNexamine les dos­

siers qui lui sont présentés pourmesurer l’avancement des

études et travaux menés.

L’ASNa ainsi renduun avis le 16 mai 2013 sur quatre docu­

ments remis par l’Andra entre 2009 et 2012 concernant :

le programme industriel de gestion des déchets (PIGD) ;

les résultats de la campagne de sismique 3Dmenée en

2010 sur la zone d’intérêt pour la reconnaissance appro­

fondie (ZIRA), de 30 km

2

, en vue de l’implantation des

installations souterraines du futur centre de stockage ;

un point d’avancement demandé dans le cadre du

PNGMDR sur le développement d’un modèle opé­

rationnel de relâchement des radionucléides par les

combustibles usés des réacteurs d’EDF en conditions

de stockage ;

les réponses formulées par l’Andra à la suite d’une

étude indépendante menée à la demande du Comité

local d’information et de surveillance (CLIS) de Bure

par un institut américain, l’IEER

(Institute of Energy

and Environmental Research)

.

L’ASNa également publié ses positions prises à la suite des

instructions des dossiers intitulés « Projet Cigéo - Esquisse

Jesq03 (2012) » en novembre 2013, et « Ouvrages de

fermeture » en octobre 2014.

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CHAPITRE 16 :

LES DÉCHETS RADIOACTIFS ET LES SITES ET SOLS POLLUÉS

Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2015