Table of Contents Table of Contents
Previous Page  87 / 536 Next Page
Information
Show Menu
Previous Page 87 / 536 Next Page
Page Background

Au total, en 2015, le budget de l’État consacré à la trans-

parence et au contrôle de la sûreté nucléaire et de la radio-

protection en France s’est élevé à 175,86 M€: 80,11 M€

pour le budget de l’ASN, 85 M€ pour l’appui technique

de l’IRSN à l’ASN, 10,6 M€ pour d’autres missions de

l’IRSN et 0,15 M€ pour le fonctionnement du HCTISN.

Comme lemontre le tableau ci-contre, ces crédits se répar-

tissent entre cinqprogrammes budgétaires (181, 217, 333,

218 et 190) auxquels s’ajoute la contribution annuelle au

profit de l’IRSN.

À titre de repère, lemontant de la taxe sur les INB, versée au

budget général de l’État, s’est élevé en 2015 à 576,96M€.

Cette structure complexe de financement nuit à la lisibi-

lité globale du coût du contrôle. Elle conduit par ailleurs

à des difficultés en matière de préparation, d’arbitrage et

d’exécution budgétaires.

Taxe INB, taxes additionnelles déchets, taxe

additionnelle de stockage, contribution spéciale

Andra et contribution au profit de l’IRSN

Le président de l’ASN est chargé, en application du code de

l’environnement, de liquider la taxe sur les INB instituée par

l’article 43 de la loi de finances pour 2000 (loi n° 99-1 172

du 30 décembre 1999). Le produit recouvré de cette taxe,

dont le montant est fixé tous les ans par le Parlement, s’est

élevé à 576,96 M€ en 2015. Il est versé au budget de l’État.

De plus, la loi « déchets » crée, pour les réacteurs nucléaires

et les usines de traitement de combustibles nucléaires usés,

trois taxes additionnelles dites respectivement « de recherche »,

« d’accompagnement » et « de diffusion technologique ». Ces

taxes sont affectées au financement des actions de développement

économique et au financement des activités de recherche sur le

stockage souterrain et l’entreposage réalisées par l’Agence nationale

pour la gestion des déchets radioactifs (Andra). Le produit de ces

taxes représente 157,89 M€ en 2015, dont 3,3 M€ ont été

reversés en 2015 aux communes et établissements publics de

coopération intercommunale autour du centre de stockage.

En outre, depuis 2014, l’ASN est chargée de la liquidation

et de l’ordonnancement de la contribution spéciale instituée

au profit de l’Andra par l’article 58 de la loi n° 2013-1279

du 29 décembre 2013 de finances rectificative pour 2013

et qui sera exigible jusqu’à la date d’autorisation de création

du centre de stockage en couche géologique profonde. À l’instar

des taxes additionnelles, cette contribution est due par les

exploitants des INB, à compter de la création de l’installation

et jusqu’à la décision de radiation. Le produit de cette contribution

représente 101,77 M€ en 2015.

Enfin, l’article 96 de la loi n° 2010-1658 du 29 décembre

2010 institue une contribution annuelle au profit de l’IRSN

due par les exploitants d’INB. Cette contribution vise

notamment à financer l’instruction des dossiers de sûreté

déposés par les exploitants d’INB. Pour 2015, le produit

de cette contribution représente 62,52 M€.

COMPRENDRE

4. PERSPECTIVES

La France est engagée dans une politique ambitieuse de

transition énergétique portée par la loi n° 2015-992 du

17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la

croissance verte. Cette loi permet de franchir une étape

marquante dans le champ de compétence de l’ASN avec

le renforcement de ses pouvoirs de contrôle et de sanc-

tion et, de manière indissociable, le développement de

la transparence, de l’information et de la participation

du public.

Ces nouvelles dispositions devront être pleinementmises

en œuvre en 2016.

Même si la loi dispose que la part de l’énergie nucléaire

dans la production d’électricité sera réduite à 50 % à

l’horizon 2025, celle-ci restera très importante. Le parc

nucléaire français continuera ainsi d’être l’un des plus

importants au monde. Sa sûreté devra continuer à être

renforcée, par référence aux exigences applicables aux

nouveaux réacteurs et en intégrant les enseignements

de l’accident de Fukushima.

Dans le contexte des enjeux de sûreté sans précédent qui

sont les siens, l’ASNrappellequ’elle ademandé courant 2014

à pouvoir disposer fin 2017 d’un renfort de 190 emplois

(125 emplois pour l’ASN, 65 pour l’IRSN) et d’un budget

accru de 36M€ (21M€ pour l’ASN, 15M€ pour l’IRSN).

Bien que les arbitrages budgétaires rendus lui ont octroyé

un renfort de sesmoyens humains à hauteur de 30 emplois

sur la période 2015-2017 et unmaintiende ses crédits de

fonctionnement, l’ASN a indiqué rester préoccupée par

l’insuffisance de ces mesures budgétaires.

L’ASN maintiendra dans les années à venir des relations

fortes, dans le respect de son indépendance, avec les autres

acteurs impliqués dans les missions de contrôle et d’in-

formation dans le domaine de la sûreté nucléaire et de la

radioprotection. En particulier, l’ASN veillera à favoriser

l’implication des parties prenantes dans des groupes de

travail pluralistes, notamment dans le COFSOH.

Pour préparer ses décisions, l’ASN s’appuie actuellement

sur les avis et les recommandations de sept groupes per-

manents d’experts. L’ ASN entend continuer à renforcer

les garanties d’indépendance de l’expertise sur laquelle

elle s’appuie ainsi que la transparence dans le processus

d’élaboration de ses décisions.

Par ailleurs, à la suitede lamission IRRSdenovembre 2014,

l’ASN poursuivra en 2016 la mise en œuvre d’un plan

d’action dédié à répondre aux recommandations.

87

CHAPITRE 02 :

LES PRINCIPES ET LES ACTEURS DU CONTRÔLE DE LA SÛRETÉ NUCLÉAIRE ET DE LA RADIOPROTECTION

Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2015