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2.3 La protection des personnes

exposées à une source naturelle

de rayonnements ionisants

2.3.1 La protection des personnes

exposées au radon

Le cadre réglementaire applicable à la gestion du risque

lié au radon dans les lieux ouverts au public (article

R. 1333-15 et suivants du code de la santé publique) intro-

duit les précisions suivantes:

l’obligationde surveillance du radon est applicable dans

des zones géographiques où le radond’origine naturelle

est susceptible d’êtremesuré en concentration élevée et

dans des lieux où le public est susceptible de séjourner

pendant des périodes significatives;

les mesures sont réalisées par des organismes agréés

par l’ASN, ces mesures devant être répétées tous les

10 ans et chaque fois que seront réalisés des travaux

modifiant la ventilation ou l’étanchéité du bâtiment

vis-à-vis du radon.

Outre l’introduction des niveaux d’action de 400 et

1000 Bq/m³, l’arrêté d’applicationdu22 juillet 2004 relatif

aux modalités de gestion du risque lié au radon dans les

lieux ouverts au public a défini les zones géographiques

et les lieux ouverts au public pour lesquels les mesures

de radon sont rendues obligatoires :

les zones géographiques correspondent aux 31 dépar-

tements classés comme prioritaires pour la mesure du

radon (voir chapitre 1);

les catégories de « lieux ouverts au public » concernées

sont les établissements d’enseignement, les établisse-

ments sanitaires et sociaux, les établissements thermaux

et les établissements pénitentiaires.

Les obligations du propriétaire de l’établissement sont

également précisées lorsque le dépassement des niveaux

d’action est constaté. L’arrêté du 22 juillet 2004 a été suivi

de la publication au

Journal officiel

le 22 février 2005 d’un

avis portant sur la définitiondes actions et travaux à réali-

ser en cas de dépassement des niveaux d’action de 400 et

1000 Bq/m³. Les conditions d’agrément des organismes

habilités à procéder aux mesures d’activité volumique,

les conditions de mesurage, ainsi que les modalités de

transmission des données sont précisées par quatre déci-

sions de l’ASN:

la décision n° 2009-DC-0134 du 7 avril 2009, modifiée

par la décision n° 2010-DC-0181 du 15 avril 2010,

fixe les critères d’agrément, la liste détaillée des infor-

mations à joindre à la demande d’agrément et les

modalités de délivrance, de contrôle et de retrait de

l’agrément ;

la décisionn° 2009-DC-0136du7 avril 2009 est relative

aux objectifs, à la durée et au contenu des programmes

de formation des personnes qui réalisent les mesures

d’activité volumique du radon;

ladécisionn° 2015-DC-0506du9 avril 2015 relative aux

conditions suivant lesquelles il est procédé à la mesure

de l’activité du radon, qui abroge la décision n° 2009-

DC-0135 du 7 avril 2009 ;

la décision n° 2015-DC-0507 du 9 avril 2015 relative

aux règles techniques de transmission des résultats de

mesure du radon réalisées par les organismes agréés et

aux modalités d’accès à ces résultats prise en applica-

tion des dispositions de l’article R. 1333-16 du code de

la santé publique.

La liste des organismes agréés est publiée au

Bulletin officiel

de l’ASN sur

www.asn.fr .

En milieu de travail, l’article R. 4451-136 du code du

travail oblige par ailleurs l’employeur à procéder à des

mesures de l’activité en radon et à mettre en œuvre

les actions nécessaires pour réduire les expositions

lorsque les résultats des mesures mettent en évidence

une concentration moyenne en radon supérieure à des

niveaux fixés par une décision de l’ASN. L’ arrêté du

7 août 2008 a défini les lieux de travail où ces mesures

doivent être réalisées et la décision n° 2008-DC-0110

de l’ASN du 26 septembre 2008 précise les niveaux

de référence dont le dépassement oblige à réduire la

concentration en radon.

Latranspositiondeladirectiveeuropéenne2013/59/Euratom

va renforcer les dispositions de protectiondupublic et des

travailleurs vis-à-vis du risque d’exposition au radon. Les

États membres doivent ainsi:

fixer un niveau national de référence pour les concen-

trations de radon à l’intérieur des bâtiments n’excédant

pas 300 Bq/m

3

;

encourager le recensement des logements dans lesquels

les concentrations de radon (en moyenne annuelle)

dépassent le niveau de référence ;

veiller à ce que, aux niveaux local et national, des infor-

mations soient mises à disposition sur l’exposition au

radon à l’intérieur des bâtiments et les risques sani-

taires qui y sont associés, ainsi que sur l’importance de

la mesure de l’exposition au radon et les moyens tech-

niques permettant d’abaisser les concentrations de radon

existantes.

L’ordonnancen° 2016-128du10 février 2016 a ainsi intro-

duit des dispositions législatives nouvelles dans le code de

la santé publique (qui entreront en vigueur auplus tard le

1

er

juillet 2017) et le code de l’environnement pour assurer

une information pérenne de la population et pour mieux

estimer l’exposition de la population française au radon.

Ces nouvelles dispositions visent à :

considérer la concentration en radon comme un para-

mètre de la qualité de l’air intérieur ;

instaurer une information obligatoire des propriétaires,

nouveaux acquéreurs de biens immobiliers et bailleurs,

dans les zones à fort potentiel de radon ;

collecter des résultats des mesures de radon réalisées

dans l’habitat à l’initiative des propriétaires ou des col-

lectivités territoriales permettant demieux estimer l’ex-

position de la population française au radon.

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CHAPITRE 03 :

LA RÉGLEMENTATION

Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2015