Événements significatifs
de radioprotection (ESR) en 2015
Depuisjuillet 2015,lesservicesderadio-
thérapie peuvent télédéclarer les ESR
sur un portail de télédéclaration com-
munàl’Agencenationaledesécuritédu
médicament et des produits de santé
(ANSM)etàl’ASN.Ilseraétenduàl’en-
semble dudomainemédical en2016.
Après une augmentation progres-
sive sur la période 2007 à 2014, le
nombred’ESRdéclarés à l’ASNconnaît
en2015un léger fléchissement, avec
525 ESR: 220 ont concerné la radio-
thérapie (majoritairement une ano-
malie de positionnement dupatient)
ou la curiethérapie, 123 lamédecine
nucléaire, 100 la scanographie et 22
la radiologie interventionnelle. Ils
concernentà64 %lespatients.6 %des
ESRconcernent les travailleurs,majo-
ritairement en médecine nucléaire.
Il faut noter une augmentation du
nombre d’ESR classés au niveau 2
de l’échelle ASN-SFRO
1
. Neuf ESR
de niveau 2 ou 2+ ont été déclarés.
Il s’agit d’erreurs du volume cible à
traiter, de côté à traiter, de fractionne-
ment des doses, d’identitédes patients
oud’activité lors d’une curiethérapie.
Les événements déclarés à l’ASN en
2015montrent que les conséquences
les plus significatives dupoint de vue
de la radioprotection concernent:
•
pour les travailleurs, la méde-
cine nucléaire et la radiologie
interventionnelle;
•
pour les patients, la radiologie inter-
ventionnelle lors d’actes longs et
complexes, la radiothérapie parti-
culièrement pour les traitements
hypofractionnés et la médecine
nucléaire, avec des erreurs d’admi-
nistrationderadiopharmaceutiques;
•
pour le public et l’environnement,
la médecine nucléaire, avec des
fuites de canalisations et de dispo-
sitifs de confinement des effluents
radioactifs.
1. Cette échelle vise à permettre une
communication vers le public, en des termes
accessibles et explicites, sur les événements
de radioprotection conduisant à des effets
inattendus ou imprévisibles affectant des
patients dans le cadre d’une procédure
médicale de radiothérapie externe.
Le retour d’expérience des ESR
déclarés à l’ASN souligne à nouveau
la nécessité d’accroître les interven-
tions des personnes compétentes en
radioprotection (PCR) et des physi-
ciens médicaux dans la gestion de la
radioprotection, de développer la for-
mationdes professionnels utilisant les
rayonnements ionisants, demettre en
œuvredes démarches demanagement
de la qualité et de la sécurité et d’éva-
luationdes pratiques professionnelles.
État de la radioprotection
en radiothérapie
La sécurité des soins en radiothéra-
pie constitue un domaine prioritaire
de contrôle de l’ASN. L’ ASNcontrôle
systématiquement les centresde radio-
thérapie tous les deux ans. Une pério-
dicité annuelle est appliquée pour les
centres présentant des fragilités en
termes de ressources humaines ou
d’organisation et une attention par-
ticulière est portée sur les services où
desmodifications importantes (orga-
nisationnelles oumatérielles) ont lieu
ainsi que sur les centres mettant en
œuvre des nouvelles techniques.
L’ ASN a publié des recommanda-
tions sur la mise en œuvre des nou-
velles techniques en radiothérapie.
Enmai 2015, des recommandations
ont été adressées à l’ensemble des ser-
vices de radiothérapie, afin de pré-
venir la survenue d’événements de
radioprotection liés à des asymétries
de faisceaux en radiothérapie externe
et d’améliorer leur détection.
L’ASNconstateuneaméliorationconti-
nuede lamise enœuvredes exigences
de management de la qualité et de la
sécurité dans les services de radio-
thérapie tout en soulignant une hété-
rogénéité en fonction des centres. Si
les systèmes qualité s’étoffent, ils ne
sont pas évalués et prennent insuffi-
samment en compte les pratiques.
La gestion des risques fait désormais
partie des démarches des services de
radiothérapie, avec la mise en place
de recueil des dysfonctionnements
et de leur analyse. Mais des efforts
restent à faire pour le suivi des actions
d’amélioration. Pour améliorer l’ac-
compagnement des unités de radio-
thérapie, réduire la complexité des
études de risques et en améliorer le
caractère opérationnel, l’ASN a émis
des recommandations en 2015.
Concernant la curiethérapie, les ser-
vicesbénéficient de l’organisationmise
enplace en radiothérapie externe, tant
concernant le déploiement d’un sys-
tème demanagement de la qualité, la
radioprotectiondes travailleurs oudes
patients. Si les moyens en PCR sont
en général disponibles et les actions
de formation réalisées, des progrès
sont attendus pour les contrôles tech-
niques et les études de postes.
État de la radioprotection
en médecine nucléaire
La radioprotection des travailleurs,
des patients et la protection de l’en-
vironnement est prise en compte de
façonde plus enplus satisfaisante. En
particulier, les évaluations de risque
et le suivi dosimétrique du person-
nel sont maintenant bien maîtrisés.
Le recours à une personne spécialisée
en radiophysiquemédicale est géné-
ralisé et des plans d’organisationde la
physiquemédicaleont été élaborés. La
gestion des déchets et effluents s’ap-
puie sur des plans de gestion.
Deseffortssontàfournirpourlaréalisa-
tiondesétudesdepostes,laformation,
la réalisationdes contrôles techniques
ou l’exploitationdesdonnéesdosimé-
triques à des fins d’optimisation.
État de la radioprotection
en radiologie conventionnelle
et en scanographie
Du fait de la contribution importante
de ce type d’examen à l’expositionde
la population française, l’ASNamain-
tenu le contrôle de la radioprotection
dans le domaine de la scanographie
dans ses priorités. Les actes de sca-
nographie contribuaient, en effet, en
2012, pour 71 % de la dose efficace
moyenne de la population alors qu’ils
ne représentent que 10 %en volume
d’actes. Enmai 2015, l’ASN a dressé
un bilan mitigé des actions pour la
maîtrise des doses de rayonnements
ionisants délivrés auxpatients, avec le
développement de bonnes pratiques
mais des insuffisances en termes de
ressources humaines. En2015, l’ASN
a aussi publié des recommandations
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Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2015
LES ÉLÉMENTS MARQUANTS EN 2015




