Anomalie de la cuve
du réacteur EPR de Flamanville 3
Fin 2014, Areva NP a informé l’ASN
que des essais réalisés sur un cou-
vercle représentatif de celui destiné à
Flamanville 3 ontmontré la présence
d’une zoneprésentant une concentra-
tion importante en carbone condui-
sant à des propriétésmécaniques plus
faibles qu’attendues. Desmesures ont
confirmé laprésencede cette anomalie
dans le couvercle et le fondde la cuve
du réacteur EPR de Flamanville 3.
Cette anomalie est liée à la présence
d’une forte concentration en carbone
qui conduit à des propriétés méca-
niques moins bonnes qu’attendues.
ArevaNPatransmisàl’ASNundossier
présentantladémarchequ’elleenvisage
pour justifier le caractère suffisant des
propriétés mécaniques du matériau
utilisédanslafabricationducouvercle
et du fondde la cuvedu futur réacteur
EPR de Flamanville. Cette démarche
s’appuiera notamment sur les résul-
tats à venir d’un programme d’essais
mécaniques et chimiques.
L’ASNa pris position le 12 décembre
2015 sur la démarche de justification
des propriétés mécaniques du cou-
vercle et du fondde la cuvede l’EPRde
Flamanville 3proposée par ArevaNP.
Sous réserve de la prise en compte de
ses observations et de ses demandes,
l’ASNconsidère acceptable, dans son
principe, la démarche proposée par
Areva et ne formule pas d’objection
au lancement du programme d’es-
sais prévu.
Appréciations de l’ASN
Centrales électronucléaires
L’ASN considère que la maîtrise des
activités d’exploitation des réacteurs
est globalement satisfaisante. Elle
estime toutefois que l’implicationdes
services centrauxdans le suivi de l’in-
tégrationdes documents prescriptifs
par les centrales nucléaires doit être
améliorée. La gestiondu retour d’ex-
périence externe apparaît encore trop
fragile, tant entre les sites que vis-à-vis
des services centraux d’EDF.
En 2015, EDF a déclaré 586 événe-
ments significatifs au titre de la sûreté,
109 au titre de la radioprotection et
79 au titre de la protection de l’en-
vironnement. Le nombre déclaré au
titre de la sûreté est en légère baisse
par rapport à 2014 (-8 %).
L’ ASN considère que la filière indé-
pendante de sûreté, interne à EDF,
joue son rôle de vérification des
actions et décisions prises par les
services en charge de l’exploitation
des installations. Les éléments jus-
tifiant, d’une part, ce questionne-
ment, d’autre part, les positions prises
devraient toutefois faire l’objet d’une
meilleure traçabilité.
Concernant les essais périodiques des
matériels, bienque des améliorations
par rapport à l’année 2014 aient été
constatées sur les sites, les efforts en
matière de maîtrise de planification,
de préparation et de réalisation de
ces essais doivent êtremaintenus. En
outre, leprocessusmis enœuvrepour
statuer
a posteriori
sur la validité des
essais doit être renforcé pour susciter
une attitude interrogative.
Concernant la réalisation des activi-
tés de maintenance, l’ASN note glo-
balement une stabilité du nombre
des défauts de qualité constatés. Elle
constate que les intervenants doivent
toujours faire face aux contraintes liées
à l’organisation du travail, à l’insuf-
fisance de la préparation de cer-
taines activités ou aux conditions
d’intervention.
EDF amis enœuvre unpland’action
pluriannuel spécifique visant à renfor-
cer lamaîtrise des activités program-
mées et réalisées lors des arrêts pour
maintenance des réacteurs électro-
nucléaires. Si ce pland’actionpermet
une gestionplus sereinedes phases de
préparation et de réalisationdes inter-
ventions par l’exploitant, l’ASNestime
que les effortsd’EDFdoivent êtrepour-
suivis dans la durée, notamment dans
la perspective duprogramme indus-
triel d’EDF pour les années à venir.
L’ASN considère qu’EDF doit pour-
suivre ses efforts en ce qui concerne
l’identification et la traçabilité des
écarts détectés. En effet, la gravité
potentiellede certains écartsde confor-
mité génériques montre la nécessité
pour EDF de maîtriser les processus
opérationnels qui concourent au
maintien de la conformité des ins-
tallations par rapport à leurs référen-
tiels de conception, de construction
et d’exploitation.
L’ ASN considère qu’en 2015, l’état
de la première barrière de confine-
ment, qui est constituée par la gaine
du combustible, est globalement en
progrès, malgré quelques points à
améliorer. L’ année 2015 a été mar-
quée par l’arrêt avant la fin normale
de son cycle de fonctionnement du
réacteur deNogent 2 suite à l’augmen-
tation importante des temps de chute
des grappes absorbantes. Cette aug-
mentation résultait de la déformation
d’assemblages de combustible, qui
ont fait l’objet de réparations.
L’ASN considère que l’état des géné-
rateurs de vapeur s’est amélioré du
fait du remplacement des derniers
générateurs de vapeur équipés de fais-
ceaux tubulaires en alliage 600 MA,
sensible à la corrosion. L’ ASN consi-
dère que la stratégie d’exploitation
et de maintenance d’EDF relative au
colmatage des générateurs de vapeur
est appropriée.
L’ ASN considère que l’organisation
mise enœuvre par les centrales pour
suivre les activités et systèmes suscep-
tibles d’avoir un impact sur le confi-
nement statique et dynamique des
installations est globalement satis-
faisante. Les résultats des épreuves
décennales des enceintes ont été satis-
faisants, à l’exceptionde celle du réac-
teur 5 du Bugey, qui doit faire l’objet
de réparations. Par ailleurs, l’ASNreste
vigilante sur l’évolutionde l’étanchéité
des enceintes à double paroi, pour
lesquelles EDF a pris des engage-
ments en matière de prévention et
de surveillance.
Les inspections menées en 2015
sur la gestion de crise ont confirmé
la bonne organisation des centrales
dans ce domaine. Les équipes des-
tinées à mettre en œuvre les plans
d’urgence interne sont bien dimen-
sionnées et tous les équipiers de crise
participent annuellement à un exer-
cice. La préparation à la gestion des
situations d’urgence peut cependant
être améliorée pour ce qui concerne
notamment la gestion et l’utilisation
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Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2015
LES ÉLÉMENTS MARQUANTS EN 2015




