Les centrales nucléaires d’EDF
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L’ASN impose un haut niveau d’exi-
gence pour la sûreté des réacteurs
de production d’électricité, dont le
contrôle mobilise quotidiennement
près de 200 agents et autant d’experts
de l’IRSN.
L’ASNdéveloppeuneapprocheintégrée
ducontrôlequi couvrenonseulement
la conception des nouvelles installa-
tions, leur construction, les modifi-
cations, la prise en compte du retour
d’expérience des événements ou les
problèmesdemaintenance,maisaussi
lesdomainesdesfacteursorganisation-
nelsethumains,delaradioprotection,
de la protection de l’environnement,
delasécuritédestravailleursetdel’ap-
plication des lois sociales.
Éléments marquants
Retour d’expérience
de l’accident de Fukushima
À la suite de l’accident de Fukushima,
l’ASN a pris un ensemble de déci-
sions demandant aux exploitants
d’installations nucléaires impor-
tantes de procéder à des évaluations
complémentaires de sûreté (ECS).
À l’issue de ces études, l’ASN a pris,
en 2012, un ensemble de décisions
imposant à EDF la mise en place
de dispositions complémentaires
destinées à renforcer la robustesse
des centrales dans des situations
extrêmes, notamment :
•
un « noyau dur » permettant d’as-
surer les fonctions de sûreté vitales
en cas d’agressions oud’aléas nota-
blement supérieurs à ceux retenus
pour le dimensionnement général
de l’installation;
•
une force d’action rapide nucléaire
permettant, sur la base de moyens
mobiles extérieurs au site, d’inter-
venir sur un site nucléaire en situa-
tionpré-accidentelleouaccidentelle;
•
un ensemble d’actions correc-
tives ou d’améliorations, notam-
ment l’acquisition de moyens de
communication et de protection
radiologique complémentaires, la
mise en place d’instrumentations
complémentaires.
EDF a dans unpremier tempsmis en
place des dispositions temporaires ou
mobiles visant à renforcer la prise en
compte des situations principales de
perte totale de la source froide ou de
perte des alimentations électriques.
EDF a engagé les études visant à la
mise en place sur tous les sites de
moyens définitifs robustes vis-à-vis
d’agressions extrêmes visant à faire
face à ces situations.
Poursuite de fonctionnement
des centrales nucléaires
EDFdoit procéder tous les dix ans au
réexamenpériodiquede ses réacteurs.
Cet examen consiste, d’une part, en
un contrôle approfondi des études
et des matériels, d’autre part, en une
réévaluation de la sûreté au regard
des installations les plus récentes et
de meilleures pratiques internatio-
nales. À cette occasion, EDF corrige
les écarts détectés et identifie lesmodi-
fications qu’il compte déployer pour
renforcer la sûreté de ses réacteurs.
L’ASNse prononce ensuite au cas par
cas sur la poursuite de fonctionne-
ment de chaque réacteur, en adop-
tant le cas échéant des prescriptions
complémentaires.
En2015, l’ASNa examiné les proposi-
tions d’EDFpour la poursuite de fonc-
tionnement des réacteurs nucléaires
de 900 MWe au-delà de leur qua-
trième visite décennale. Celle-ci
revêt une importance particulière,
s’agissant notamment d’aller au-delà
des hypothèses initiales de dimen-
sionnement d’un certain nombre de
matériels. Les études portant sur la
conformité des installations et lamaî-
trise du vieillissement des matériels
doivent donc être réexaminées en
prenant en compte les mécanismes
de dégradation réellement consta-
tés et les stratégies de maintenance
et de remplacement mises enœuvre
par l’exploitant.
L’ASNs’est prononcée enmars 2015
sur les aspects génériques de la pour-
suitedu fonctionnement des réacteurs
de1300MWeau-delàdetrenteannées
de fonctionnement. L’ASNconsidère
que les actions prévues par EDFpour
apprécier l’état de ces réacteurs etmaî-
triser leur vieillissement sont accep-
tables. L’ASN estime également que
lesmodifications identifiées par EDFà
l’issue de cette phase d’études contri-
bueront à améliorer significativement
la sûreté de ces installations.
L’ASNs’est prononcée en février 2015
sur les orientationsdu réexamenasso-
cié auxdeuxièmes visites décennales
des réacteurs de 1450 MWe. L’ASN
considère notamment que les objec-
tifs de sûreté à retenir pour ce réexa-
mendevront êtredéfinis au regarddes
objectifs applicables aux nouveaux
réacteurs.
EPR de Flamanville 3
Le 19 mars 2015, l’ASN a reçu la
demande d’autorisation de mise
en service de Flamanville 3. L’ ASN
a estimé que des informations sup-
plémentaires devaient être appor-
tées pour que l’ASN puisse statuer
sur cette demande, notamment sur la
conformité de l’installation telle que
réalisée au dossier déposé, le dimen-
sionnement des systèmes ou les études
d’accident.
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Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2015
LES ÉLÉMENTS MARQUANTS EN 2015




