Table of Contents Table of Contents
Previous Page  308 / 536 Next Page
Information
Show Menu
Previous Page 308 / 536 Next Page
Page Background

population dans lamesure où elle n’est soumise à aucune

limite de dose. Les principes de justification et d’optimi-

sation demeurent les seuls applicables (voir introduction

du présent chapitre).

La situation d’exposition du patient diffère selon que l’on

considèrelesapplicationsmédicalesàviséediagnostiqueou

thérapeutique.Danslepremiercas,ilestnécessaired’optimi-

serl’expositionauxrayonnementsionisantspourdélivrerla

doseminimaleafind’obteniruneinformationdiagnostique

pertinenteoupourréaliserl’acteinterventionnelprévu;dans

le second cas, il faut délivrer la dose la plus forte possible,

nécessaire pour obtenir la destruction des cellules tumo-

rales, tout en préservant aumieux les tissus sains voisins.

Cependant, dans tous les cas, la maîtrise des doses déli-

vrées lors des examens d’imagerie et des traitements est

un impératif qui repose notamment sur les compétences

des professionnels en radioprotection des patients, mais

aussi sur les procédures d’optimisation et lemaintien des

performances des équipements.

Les actions engagées par l’ASN depuis 2011 en liaison

avec les autorités sanitaires et les professionnels dans

le domaine de l’imagerie médicale doivent permettre

de parvenir progressivement à une réelle maîtrise des

doses délivrées aux patients. Dans ce cadre, de nom-

breuses actions ont été engagées dont la mise à jour et

le renforcement de la formation à la radioprotection des

patients en particulier pour les praticiens intervention-

nels, l’élaboration d’un référentiel d’assurance qualité

dans les services et cabinets de radiologie, prévue dans

le plan cancer 3, le développement de l’accès à l’IRM et

la définition de niveaux de référence pour les actes inter-

ventionnels les plus irradiants.

5.1.3 L’exposition de la population et l’impact

sur l’environnement

Hors situation incidentelle, l’impact potentiel des appli-

cationsmédicales des rayonnements ionisants est suscep-

tible de concerner:

les personnes du public, à proximité des installations

qui émettent des rayonnements ionisantsmais ne béné-

ficiant pas des protections requises ;

les personnes proches de patients ayant bénéficié d’un

traitement oud’unexamendemédecinenucléaire, notam-

ment ceux faisant appel à des radionucléides tels que

l’iode-131, ou d’une curiethérapie par iode-125 ;

les catégories professionnelles spécifiques (ex : les égou-

tiers) susceptibles d’être exposées à des effluents ou

déchets produits par des services demédecine nucléaire.

Les informations disponibles, qui portent sur la sur-

veillance radiologique de l’environnement assurée

par l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire

(IRSN), en particulier la mesure du rayonnement gamma

ambiant, ne mettent pas globalement en évidence de

niveau significatif d’exposition au-delà des variations

du bruit de fond de la radioactivité naturelle. Toute-

fois, la mesure de la radioactivité de l’eau des grands

fleuves ou des stations d’épuration des grandes agglo-

mérations fait ponctuellement apparaître la présence,

au-dessus des seuils de mesure, de radionucléides uti-

lisés en médecine nucléaire (ex : iode-131). Les don-

nées disponibles sur l’impact de ces rejets conduisent

à des doses de quelques dizaines de microsieverts par

an pour les personnes les plus exposées, notamment les

égoutiers travaillant dans les réseaux d’assainissement

et les stations d’épuration (études IRSN 2005 et 2014).

Par ailleurs, aucune présence de ces radionucléides n’a

été mesurée dans les eaux destinées à la consommation

humaine (voir chapitre 1).

Les personnes proches de patients ayant bénéficié d’un

traitement à partir de radiopharmaceutiques (ex: traite-

ment du cancer de la thyroïde oude l’hyperthyroïdie avec

l’iode-131) peuvent être exposées aux rayonnements ioni-

sants pendant quelques jours du fait de l’activité résiduelle

chez le patient. Des recommandations ont été publiées par

l’ASNen2007 sur ce sujet et, en février 2012, l’Association

des autorités européennes de radioprotection (HERCA,

Heads of the European Radiological protection Competent

Authorities)

a proposé un modèle de carte européenne à

remettre à chaque patient à la sortie d’un traitement par

iode-131. Cette carte permet de diffuser l’information

concernant l’administration de radionucléides aux pro-

fessionnels de santé amenés à prendre en charge le patient

mais aussi aux autorités lors des passages de frontières.

5.2 Quelques indicateurs généraux

5.2.1 Les autorisations et les déclarations

En 2015, l’ASN a délivré :

4794 accusés de réception de déclaration d’appareils

de radiodiagnostic médical et dentaire, dont environ

77 % concernent les appareils de radiologie dentaire ;

663 autorisations (autorisations de mise en service, de

renouvellement ou annulation) dont 48 % en scano-

graphie, 26 % en médecine nucléaire, 20 % en radio-

thérapie externe, 5 % en curiethérapie et 1 % pour les

irradiateurs de produits sanguins.

5.2.2 La dosimétrie des professionnels

Selonlesdonnéescollectéesen2014parl’IRSN,226013per-

sonnes travaillant dans les domaines d’utilisations médi-

cale et vétérinaire des rayonnements ionisants ont fait

l’objet d’une surveillance dosimétrique de leur exposi-

tion. À eux seuls, la radiologiemédicale (52 %) et les soins

dentaires (22 %) regroupent près de 74 %des personnels

médicaux exposés.

Plus de 98 % des personnels de santé surveillés en 2014

ont reçu une dose efficace annuelle inférieure à 1 milli-

sievert (mSv). Sept dépassements de la limite annuelle

308

CHAPITRE 09 :

LES UTILISATIONS MÉDICALES DES RAYONNEMENTS IONISANTS

Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2015