Les événements concernant les patients
(64 % des ESR déclarés)
En radiothérapie
Lamajoritédesévénementsdéclarésen2015,concernantdes
patients, proviennent des servicesde radiothérapie (60 %).
Ils ontmajoritairement pour origineune anomaliedeposi-
tionnement dupatient. Laplupart desESRconcernant des
patients (95 %) sont sans conséquence clinique. 65 % de
ces événements ont été classés auniveau1de l’échelleASN-
SFROqui comprend8niveauxde 0 à 7 et ont fait l’objet de
bilans trimestriels publiés sur
www.asn.fr .À noter, en 2015, une augmentation du nombre d’ESR
classés au niveau 2 de l’échelle ASN-SFRO. Huit ESR
de niveau 2 ont été déclarés (3 en 2014) et 1 ESR de
niveau 2+ (2 patients concernés). Il s’agit d’erreurs du
volume cible à traiter (4 ESR), de côté à traiter, de frac-
tionnement des doses, d’identité des patients et enfin
une erreur d’activité lors d’une curiethérapie de prostate
avec implants permanents de grains d’iode-131. Pour
ce dernier événement, l’erreur a été facilitée par l’utili-
sation de plusieurs unités de mesure dont l’une n’était
pas l’unité internationale. Les erreurs sont d’autant plus
graves qu’elles concernent des traitements hypofrac-
tionnés (3 ESR).
Ces événements mettent en exergue des fragilités organi-
sationnelles auniveaude la gestiondes fluxde dossiers des
patients, des étapes de validationqui sont insuffisamment
explicitées, notamment, celle portant sur la prescription,
et de la tenue des dossiers des patients permettant d’avoir
une vision d’ensemble et un accès, au bon moment, aux
données nécessaires. Parmi les situations à risque identi-
fiées figurent le traitement de localisations multiples tel
que celui desmétastases cérébrales, la successionde radio-
thérapies pour un même patient, l’absence de syndrome
tumoral sur l’imagerie (par exemple après chirurgie), des
traitements non routiniers, des pratiques nonharmonisées
au seind’unmême centre, des interruptions de tâches fré-
quentes, et enfin une charge de travail importante avec,
notamment, un impact sur les amplitudes de traitements,
dès lors que celle-ci n’est pas maîtrisée.
En médecine nucléaire
Le nombre d’ESR déclarés pour lamédecine nucléaire en
2015 est en recul par rapport aux années précédentes.
Environ 70 ESR ont été déclarés en 2015 alors que ce
nombre s’élevait à plus d’une centaine par an entre 2011
et 2014. Les erreurs portent, comme les années pré-
cédentes, sur l’administration d’un radiopharmaceu-
tique non approprié, l’identité des patients et l’activité
à administrer.
Huit ESR concernent des cohortes de patients (2 à
11 patients). Pour l’un d’entre eux, une mauvaise utili-
sation de l’activimètre a été identifiée. Les doses efficaces
reçues par erreur, lorsqu’elles ont été estimées, s’éche-
lonnent, pour les traitements à visée diagnostique, entre
2 et 9 mSv.
Cinq ESR sont liés à des extravasations et ont entraîné
des radiodermites.
À l’exception de quelques pannes (circuit de refroidisse-
ment, pompe péristaltique), les erreurs sont majoritaire-
ment d’origine organisationnelle et humaine. Parmi les
causes peuvent être relevés des problèmes de formation
des personnels (nouveaux arrivants, internes, stagiaires),
des changements techniques ou organisationnels n’ayant
pas été suffisamment anticipés ou l’absence de validation
médicale. L’ASNa constaté à plusieurs reprises que les ser-
vices n’attendent pas les résultats des contrôles de qualité
avant de lancer les examens.
L’ analyse de ces événements révèle ainsi un manque de
culture demanagement de la qualité et de gestionde risque
dans les services de médecine nucléaire concernés.
En radiologie
Le nombre d’ESR déclarés reste faible comparativement
aux autres domaines avec respectivement 3 %, 8 % et
3,5 % des ESR déclarés concernant les patients pour la
scanographie, la radiologie conventionnelle et la radio-
logie interventionnelle.
CRITÈRES DE DÉCLARATION DES ESR
du domaine médical
déclarés à l’ASN en 2015 (%)
Patient
Autres
Travailleur
Sources
environnement
déchets
Public
6
20
6
4
64
ESR DU DOMAINE MÉDICAL
déclarés à l’ASN en 2015 (%)
Radiologie
interventionnelle
Radiothérapie
externe
Radiologie
conventionnelle
et dentaire
Scanographie
Médecine
Nucléaire
Autres activités
ou co-activités
Curiethérapie
23
2
10
19
4
41
1
310
CHAPITRE 09 :
LES UTILISATIONS MÉDICALES DES RAYONNEMENTS IONISANTS
Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2015




