Le cycle du combustible concerne
les étapes permettant la fabrication
du combustible puis son traitement
à l’issue de son utilisation dans les
réacteurs nucléaires.
Les principales usines du cycle –
Areva NC Tricastin (Comurhex et
TU5/W), Eurodif, GB II, Areva NP
Romans-sur-Isère (ex-FBFC et
ex-Cerca),Mélox, ArevaNCLaHague
ainsi que Areva NC Malvési – font
partie du groupe Areva. Ces usines
comprennent des installations ayant
le statut d’INB.
Éléments marquants
S’agissant des installations de conver-
sion d’uranium, l’outil de production
de l’usine Comurhex d’Areva NC
(INB 105) est destiné à être moder-
nisé grâce à la construction puis la
mise en service des installations de
Comurhex II initialement program-
mée en 2015 et aujourd’hui envi-
sagée en 2018, tandis que l’usine
actuelle, Comurhex I, fermera d’ici
la fin de l’année 2017. Des retards
sur le projet de nouvelle usine ont
conduit Areva NC à demander à
l’ASN de poursuivre le fonctionne-
ment des anciennes usines ICPE.
Cette prolongation de fonction-
nement des usines de Comurhex I
de juillet 2015 jusqu’à fin 2017 a
été acceptée en 2015 moyennant
la réalisation de travaux de renfor-
cement de ces usines. Ces travaux
concernent notamment la mise
en place de moyens de mitigation
destinés à limiter les conséquences
d’une fuite importante de gaz dan-
gereux sur les bâtiments de procédé.
S’agissant de l’aval du cycle, le point
le plus notable concerne l’état des
capacités évaporatoires de l’usine
UP2-800 de La Hague. En 2011,
ArevaNC amis en évidence plusieurs
percements de l’enveloppe d’un éva-
porateur permettant la concentration
des solutions de produits de fission
dans l’atelier R7. Cet évaporateur n’a
pas pu être remis en service et doit à
présent être remplacé. L’ exploitant a
transmis à l’ASNmi-2012 un dossier
présentant les options de sûreté qu’il
a retenues pour la conception du
nouvel évaporateur en remplacement
de l’ancien équipement. L’ instruc-
tion de ce dossier s’est poursuivie en
2014. La mise en place de ce nouvel
évaporateur est aujourd’hui envi-
sagée à l’horizon 2017. De plus, en
octobre 2014 dans l’atelier R2, des
vitesses de corrosion importantes
ont été observées sur les évapora-
teurs de concentration des solutions
de produits de fission. Ces vitesses
sont supérieures à celles prévues à
la conception des équipements et à
celles observées sur les mêmes équi-
pements dans l’atelier T2. L’ ASN a
demandé à l’exploitant d’expliquer
cet écart entre les ateliers R2 et T2
et d’analyser l’impact de ce méca-
nisme de corrosion accélérée sur la
sûreté des capacités évaporatoires
de l’établissement au cours des pro-
chaines années. En outre, compte
tenu des enjeux de sûreté associés
à ces évaporateurs, l’ASN a prescrit
un contrôle annuel de l’état de ces
équipements afin de prévenir un
éventuel accident. La situation de
ces équipements fait l’objet d’une
vigilance particulièrement élevée
de l’ASN qui considère qu’il s’agit
d’un enjeu prioritaire pour 2016 en
termes de sûreté sur ce site.
S’agissant de la prise en compte du
retour d’expérience de l’accident de
Fukushima, les travaux concernant
les installations du cycle se pour-
suivent. Les décisions de l’ASN du
9 janvier 2015prescrivent les niveaux
d’aléas et les exigences associées au
« noyau dur » ainsi que les échéances
demise enœuvre de ce « noyau dur »
pour l’ensemble des installations
du cycle.
Appréciations et perspectives
Aspects transverses
Concernant le groupe Areva, l’ASN
sera particulièrement vigilante à ce
que les exploitants d’INB qui résulte-
ront de la scission du groupe en cours
soient en pleine possession des capa-
cités nécessaires à l’exercice de leurs
responsabilités. En particulier, les
capacités en termes d’ingénierie des
deux groupes issus de l’actuel Areva
devront être suffisamment crédibles
pour opérer d’éventuelles modifica-
tions des installations concernées et
gérer d’éventuelles crises en leur sein.
Cohérence du cycle
L’ASNengagera en2016 l’instruction
dunouveaudossier « Impact cycle »
couvrant lapériode 2016-2030visant
à anticiper les différents besoins émer-
gents pour assurer lamaîtriseducycle
du combustible nucléaire enFrance.
L’ASNs’attache enparticulier à suivre
l’état d’occupation des entreposages
sous eaude combustible usé (Areva et
EDF). Elle ademandé àEDFd’étudier
l’impact sur les échéances de satura-
tionde ces entreposages de l’arrêt d’un
réacteur,d’uneéventuellemodification
du fluxde traitement des combustibles
usés ainsi que les solutions envisagées
pour retarder ces échéances. L’ ASN
estime nécessaire d’anticiper la satu-
ration de ces entreposages (piscines
de LaHague et piscines des bâtiments
combustibles des réacteurs d’EDF)
et qu’Areva et EDF définissent très
rapidement une stratégie de gestion
allant au-delà de 2030.
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Les installations du cycle
du combustible nucléaire
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Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2015
LES ÉLÉMENTS MARQUANTS EN 2015




