Réacteur Jules Horowitz.
Réacteur Jules Horowitz,
risques et systèmes de prévention
Comme tout réacteur, le RJH présente quatre risques principaux :
• Fusion du cœur :
créée par un échauffement du combustible
irradié.
Pour s’en prémunir, le cœur est réfrigéré par un circuit fermé
d’eau circulante (dit circuit primaire), lui-même refroidi par
un second circuit (dit circuit secondaire). Enfin, l’eau issue du
canal de Provence, dirigée ensuite vers le canal EDF, permet
de refroidir ce dernier (circuit tertiaire). Dans le même temps,
le réacteur (le cœur ainsi qu’une partie du circuit primaire) est
immergé dans une piscine d’eau, dite « piscine réacteur ».
• Criticité :
emballement de la réaction de fission des atomes
d’uranium contenus dans le cœur du réacteur (combustible).
Pour s’en prémunir, il est nécessaire de maintenir les éléments
combustibles dans une géométrie spécifique. Pour cela, et
au-delà des nombreux équipements de maintien existant au
niveau du réacteur, celui-ci est protégé par un bâtiment dit
« bâtiment réacteur » (béton précontraint).
• Dispersion de la radioactivité :
en cas d’accident,
la radioactivité peut se disperser sous forme liquide, gazeuse
ou sous forme de poussières.
Pour s’en prémunir, il existe trois barrières :
-- 1
re
barrière : la gaine du combustible : qui va éviter que le
combustible entre en contact avec l’eau du circuit primaire
-- 2
e
barrière : le circuit primaire : en cas de rupture de la
1e barrière, le circuit primaire va contenir la radioactivité
dispersée dans l’eau.
-- 3
e
barrière : l’enceinte de confinement : en cas de
rupture de la 2
e
barrière, le bâtiment réacteur, en béton
précontraint, assure une fonction de confinement
des substances radioactives
• Irradiation :
émission des particules nocives pour
l’organisme.
COMPRENDRE
Pour s’en prémunir, des écrans peuvent être mis en place ou
des matières telles que l’eau, le béton, etc. peuvent être utilisées.
Ainsi, l’eau de la piscine dans laquelle est plongé le réacteur fait par
exemple également office d’écran de protection. Des dispositions
sont également présentes pour faire face à des agressions pouvant
provenir de l’installation elle-même ou de son environnement :
conditions climatiques extrêmes, inondation, séisme, chute
d’avion, incendie ou explosion internes, émission de projectile
ou chute de charge dans l’installation. Des plots parasismiques
sont notamment présents sous l’installation.
Par ailleurs, les évaluations menées à la suite de l’accident
de Fukushima ont mené le CEA à identifier un « noyau dur »
d’équipements dont le fonctionnement doit être garanti
en cas de situations extrêmes.
Ces équipements doivent permettre :
• de réfrigérer le cœur afin de prévenir un accident : équipements
permettant le maintien de la convection du circuit primaire et circuit
d’appoint d’eau en piscine depuis l’extérieur de l’installation ;
• en cas d’accident, de limiter les rejets dans l’environnement :
équipements permettant d’isoler et dégonfler l’enceinte, capteurs
d’activité radiologique et de pression ;
• en cas d’accident, de surveiller l’installation et gérer la crise :
indicateurs, au poste de repli, de la température et du niveau de l’eau
de la piscine réacteur, ainsi que du maintien de la convection du circuit
primaire et mise en place de moyens mobiles (éclairages portatifs,
balises de radioprotection, appareils de communication, etc.).
En vue d’obtenir l’autorisation de mise en service du RJH, le CEA devra
démontrer que les dispositions qu’il a prises permettent de garantir
la sûreté opérationnelle du réacteur et répondent aux demandes et
prescriptions de l’ASN prises lors de la création de l’installation.
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CHAPITRE 14 :
LES INSTALLATIONS NUCLÉAIRES DE RECHERCHE ET INDUSTRIELLES DIVERSES
Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2015




