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La clarification de l’organisation du contrôle

de la sûreté nucléaire et de la radioprotection

par l’ASN et l’IRSN

La loi inscrit l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN)

dans le code de l’environnement (nouveaux articles L. 592-41 à

L. 592-45). Elle clarifie l’organisation du contrôle de la sûreté

nucléaire et de la radioprotection entre l’ASN et l’IRSN.

La loi confie à l’IRSN

« des missions de recherche et d’expertise dans le

domaine de la sécurité nucléaire définie à l’article L. 591-1 du code de

l’environnement »

(c’est-à-dire la sûreté nucléaire, la radioprotection,

la prévention et la lutte contre les actes de malveillance ainsi que

des actions de sécurité civile en cas d’accident).

La loi prévoit que l’ASN s’appuie sur des expertises de l’IRSN pour

assurer ses missions de contrôle de la sûreté nucléaire et de radio-

protection. Afin de garantir l’adéquation de la capacité d’expertise

de l’IRSN avec les besoins de l’ASN, la loi prévoit que cette dernière

oriente la programmation stratégique de l’IRSN relative à cet appui

technique et que son président est membre du conseil d’adminis-

tration de l’institut.

L’article L. 592-43 du code de l’environnement introduit le principe

d’une publication de l’ensemble des avis rendus par l’IRSN à la

demande de l’ASN.

L’entrée en vigueur « par anticipation » dans

le droit français des protocoles signés le

12 février 2004 qui ont renforcé les conventions

de Paris du 29 juillet 1960 et de Bruxelles du

31 janvier 1963 relatives à la responsabilité civile

dans le domaine de l’énergie nucléaire

En modifiant les articles L. 597-2 et suivants du code de l’environ-

nement, la loi TECV renforce la responsabilité civile des exploitants

en cas de dommages liés à une activité nucléaire. Sans attendre

l’entrée en vigueur des protocoles de 2004 liée à leur ratifica-

tion par tous les États de l’Union européenne, cette modification

rend applicables certaines dispositions des protocoles de 2004

en réévaluant sensiblement les plafonds de responsabilité, qui

sont portés de 23 M€ à 70 M€ pour les « installations à risque

réduit » et de 91,50 M€ à 700 M€ pour les autres installations.

Par ailleurs, la loi étend son champ d’application à de nouvelles

catégories d’installations (par exemple certaines ICPE).

L’articulation du régime des INB

avec le code de l’énergie

L’exploitation de toute installation de production d’électricité requiert

une autorisation au titre du code de l’énergie. Pour les installations

nucléaires produisant de l’électricité, cette autorisation est obtenue de

manière indépendante de l’autorisation de mise en service accordée

par l’ASN en application du code de l’environnement.

La capacité de production d’électricité d’origine nucléaire étant pla-

fonnée à 63,2 gigawatts par la loi (article L. 311-5-6 du code de

l’énergie), l’article L. 311-5-5 de ce même code prévoit l’impossibilité

de délivrer une autorisation d’exploiter au titre du code de l’énergie

lorsqu’elle aurait pour effet de dépasser ce plafond.

Le plafond de 63,2 GW correspondant à la puissance installée en

France, la mise en service de nouveaux réacteurs électronucléaires

conduira ainsi au besoin d’abrogation de l’autorisation de produc-

tion de réacteurs existants

à due concurrence de la puissance du

nouveau réacteur.

L’abrogation de l’autorisation d’exploiter conduira à l’arrêt de

fonctionnement de l’installation et, mécaniquement, à l’issue d’un

délai de deux ans, à son arrêt définitif en application des articles

L. 593-24 et suivants du code de l’environnement.

Le même article L. 311-5-6 du code de l’énergie prévoit par ailleurs

que, lorsqu’une installation de production d’électricité est soumise

au régime des INB, la demande d’autorisation d’exploiter au titre

du code de l’énergie doit être déposée au plus tard 18 mois avant

sa mise en service (au sens du code de l’environnement) et, en

tout état de cause, au plus tard 18 mois avant la date pour la mise

en service mentionnée dans son décret d’autorisation de création.

Une habilitation a conduit à l’ordonnance n°2016-128 du 10 février

2016 (voir pages 42 et 43 du présent rapport).

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CHAPITRE 03 :

LA RÉGLEMENTATION

Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2015