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La limite annuelle de dose équivalente pour le cristallin

qui est actuellement de 150 mSv sera abaissée à 20 mSv

dans le cadre de la transposition de la directive 2013/59.

Le zonage

Des prescriptions relatives à la délimitationdes zones sur-

veillées, des zones contrôlées et des zones spécialement

réglementées (zones contrôlées particulières) ont été édic-

tées, quel que soit le secteur d’activité, par l’arrêté du

15 mai 2006 (publié au

Journal officiel

du 15 juin 2006).

Cet arrêté définit, par ailleurs, les règles d’hygiène, de

sécurité et d’entretien à respecter dans ces zones.

La délimitation des zones réglementées prend en compte

différents éléments de protection : la dose efficace pour

l’exposition externe et, le cas échéant, l’exposition interne

de l’organisme entier, les doses équivalentes pour l’expo-

sition externe des extrémités et, le cas échéant, des débits

de dose au niveau de l’organisme entier. Une circulaire

DGT/ASN du 18 janvier 2008 en précise les modalités

d’application.

La personne compétente en radioprotection (PCR)

Placée sous la responsabilité de l’employeur, la PCR est

chargée de nombreuses missions de radioprotection

dont l’optimisation, la mise en œuvre de la surveillance

radiologique, l’information sur les risques mais aussi

la délimitation des zones réglementées et l’étude des

postes de travail.

Sans attendre la mise à jour des dispositions du code du

travail relatives à la PCR, pour tenir compte des disposi-

tions de la nouvelle directive 2013/59 concernant le sys-

tème « Expert en radioprotection » / « Personne chargée

de la radioprotection » (voir encadré ci-contre), l’arrêté du

26 octobre 2005 relatif aux modalités de formation de la

PCRet de certificationdu formateur a été abrogé par l’arrêté

du 24 décembre 2013, sur la base des recommandations

émises par le Groupe permanent d’experts en radiopro-

tection pour les applicationsmédicales etmédico-légales

des rayonnements ionisants (GPMED) et le Groupe per-

manent d’experts en radioprotection, pour les applications

industrielles et de recherche des rayonnements ionisants,

et en environnement (GPRADE). Le nombre de jours de

formation a été gradué en fonction des risques, avec une

augmentation du nombre de jours pour les installations

les plus complexes ou présentant un risque plus élevé.

La dosimétrie

Les modalités d’agrément des organismes chargés de la

dosimétrie des travailleurs sont définies par l’arrêté du

6 décembre 2003 modifié. Les modalités du suivi médi-

cal des travailleurs et de transmission des informations

sur la dosimétrie individuelle sont précisées par l’arrêté

du 21 juin 2013 relatif aux conditions d’accréditationdes

organismes en charge de la surveillance individuelle de

l’exposition des travailleurs aux rayonnements ionisants

et par l’arrêté du 17 juillet 2013 relatif à la carte de suivi

médical et au suivi dosimétrique des travailleurs exposés

aux rayonnements. L’ ASN délivre les agréments requis

aux organismes et aux laboratoires de dosimétrie (voir

chapitre 1).

La directive 2013/59/Euratom

du Conseil du 5 décembre 2013

Pour les travailleurs susceptibles d’être exposés aux

rayonnements ionisants, la directive introduit une limite

annuelle de dose efficace de 20 mSv, en remplacement

de la valeur de 100 mSv sur cinq années consécutives.

Dès 2003, cette limite avait été inscrite dans le code du travail

(20 mSv sur 12 mois consécutifs). Toutefois, la limite de

dose équivalente de 150 mSv sur 12 mois consécutifs pour le

cristallin (œil), devra être modifiée et réduite à 20 mSv par an.

La nouvelle directive Euratom va conduire à modifier

le dispositif existant de la PCR, en distinguant les missions

de conseil et les missions plus opérationnelles. L’expert

en radioprotection est chargé de donner un avis au chef

d’entreprise ou à l’employeur sur les questions relatives

à l’exposition des travailleurs et du public, la personne

chargée de la radioprotection est chargé de la déclinaison

opérationnelle de la radioprotection. L’ASN et la DGT ont

entamé des travaux sur ce sujet.

La nouvelle directive Euratom ne modifie pas les règles

générales pour la délimitation des zones surveillées et

contrôlées. Cependant, sur la base des avis émis par le Groupe

permanent d’experts en radioprotection, pour les applications

industrielles et de recherche des rayonnements ionisants, et en

environnement (GPRADE), et le Groupe permanent d’experts

en radioprotection pour les applications médicales et médico-

légales des rayonnements ionisants (GPMED), la DGT et l’ASN

ont d’ores et déjà annoncé leur intention, lors des travaux

de transposition, de mettre à jour le dispositif existant pour

le simplifier sur la base d’une approche graduée des risques.

Il en est de même de la surveillance radiologique des

travailleurs pour laquelle une évaluation du dispositif

réglementaire existant a été engagée fin 2013 en

collaboration avec la DGT et l’IRSN. La publication d’un

« livre blanc » en septembre 2015, et disponible sur le site

Internet de l’ASN, apporte des propositions d’évolution qui

seront étudiées lors de la transposition de la nouvelle directive

Euratom. Les principales recommandations du groupe de travail

sont les suivantes :

• un repositionnement du risque lié aux rayonnements

ionisants dans la démarche globale de prévention des risques

par l’employeur ;

• une adaptation des modalités de surveillance des expositions

aux situations de travail garantissant ainsi le caractère

opérationnel applicable et contrôlable de cette surveillance ;

• l’élargissement de l’accès des personnes compétentes en

radioprotection à l’ensemble des informations dosimétriques

afin de favoriser leur réactivité et renforcer leur rôle en

matière de prévention.

À NOTER

97

CHAPITRE 03 :

LA RÉGLEMENTATION

Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2015