Apparition d’une toxicité cutanée à la suite d’un traitement de radiothérapie externe en conditions stéréotaxiques
Le 26 février 2026, l’Oncopôle Claudius Regaud de Toulouse a déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) un évènement significatif de radioprotection relatif à une ulcération cutanée, observée à la suite d’un traitement de radiothérapie externe en conditions stéréotaxiques réalisé sur un poumon fin décembre 2024.
La radiothérapie externe est, avec la chirurgie et la chimiothérapie, l’une des principales techniques utilisées pour le traitement des tumeurs cancéreuses. Elle consiste à administrer des rayonnements ionisants, produits par un accélérateur de particules, afin de détruire les cellules cancéreuses. Ces rayonnements sont délivrés sur la zone à traiter en plusieurs fractions, réparties sur plusieurs jours. La radiothérapie externe en conditions stéréotaxiques est une méthode d’irradiation de haute précision permettant de délivrer une forte dose de rayonnements au moyen de nombreux faisceaux de très petite taille convergeant vers le volume cible à traiter, tout en préservant les tissus sains adjacents.
Dans le cadre de la prise en charge par radiothérapie d’une métastase pulmonaire chez un patient suivi pour un cancer du rein métastatique, un érythème cutané est apparu dans le champ d’irradiation thoracique, évoluant secondairement vers une ulcération cutanée.
L’analyse des causes de l’incident réalisée par l’Oncopôle a identifié la délinéation automatique de la paroi thoracique lors de la préparation du traitement comme facteur contributif à la délivrance d’une dose excessive au niveau de la peau. En effet, un premier plan de traitement avait fait l’objet d’une vérification spécifique de la dose à la peau. Toutefois, l’augmentation du volume tumoral avant le début du traitement a conduit à l’élaboration d’un second plan de traitement pour lequel la dose à la peau n’a pas fait l’objet d’une vérification spécifique.
L’ASNR appelle l’attention des professionnels sur le fait que l’optimisation de l’épargne d’un organe à risque ou d’un tissu particulier (ici la paroi thoracique) entraîne une redistribution de la dose vers d’autres tissus. Toute optimisation doit donc faire l’objet d’une évaluation dosimétrique systématique de l’ensemble des tissus, afin de s’assurer que le bénéfice obtenu ne se traduit pas par une augmentation non acceptable des doses reçues par d’autres tissus sains, et ne pas se limiter au critère optimisé par l’outil d’aide, a fortiori si celui-ci est automatisé.
Pour pallier ce type d’erreur, l’Oncopôle a décidé d’ajouter une contrainte de dose spécifique à l’organe peau lors de la préparation des traitements, bien que la délinéation de la peau ne soit pas formellement recommandée pour le traitement des lésions pulmonaires, et de réaliser un retour d’expérience pour attirer la vigilance sur ce type de dossier (morphologie, positionnement, taille de la tumeur, etc).
S’agissant d’un événement ayant occasionné une altération modérée d’un organe, l'ASNR classe cet événement au niveau 2 de l'échelle ASN-SFRO graduée de 0 à 7 par ordre croissant de gravité.
L’ASNR s’assurera de la mise en œuvre effective des actions proposées dans le cadre de ses actions de contrôle.
Date de la dernière mise à jour : 11/09/2026
Classement de l’incident (ASNR-SFRO)
Niveau 2
Incident