Contamination interne d’intervenants lors de travaux de démantèlement dans un ancien laboratoire
Le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), exploitant de l’installation nucléaire de base (INB) n° 165 à Fontenay-aux-Roses, dénommée « PROCEDE », a déclaré le 16 avril 2026 à l’ASNR un événement significatif pour la radioprotection relatif à la contamination interne de deux travailleurs intervenant lors de travaux de démantèlement effectués dans un ancien laboratoire de l’INB n° 165.
L’installation PROCÉDÉ accueillait des activités portant sur la chimie du plutonium et sur l’étude des combustibles nucléaires à base de plutonium ; elle est aujourd’hui en démantèlement.
Dans ce cadre, plusieurs opérations de démantèlement sont actuellement menées au sein d’un ancien laboratoire de l’installation, notamment des travaux de découpe de différents matériels à la scie.
Les 9 et 10 mars 2026, les prélèvements narinaires de deux opérateurs d’une entreprise extérieure, qui sont intervenus dans le local, se sont révélés positifs. Ils ont été pris en charge par le service médical du CEA ; le 23 mars 2026, les analyses complémentaires réalisées ont confirmé la contamination interne de ces deux travailleurs.
Les premières investigations ont mis en évidence que, lors des opérations de découpe réalisées avec port d’appareil de protection des voies respiratoires (APVR), d’autres activités ont été effectuées en parallèle dans le local sans port de ce dispositif de protection. Une contamination radioactive a été détectée sur la scie utilisée ainsi que sur certains matériels découpés.
A la suite de la détection de la contamination des intervenants, le chantier a été arrêté. Le local a été fermé et son accès est interdit sans port d’APVR. La scie a été conditionnée pour éviter toute dissémination de contamination. Par ailleurs, des investigations sont en cours afin de déterminer l’origine et l’étendue de la contamination dans ce local.
L’événement a conduit à une contamination interne limitée des intervenants, entraînant une exposition dosimétrique inférieure au quart de la limite annuelle réglementaire fixée par le code du travail. Malgré ces conséquences limitées, cet événement a mis en lumière des insuffisances en matière de culture de radioprotection. C’est notamment le cas de l’accès sans port de l’APVR dans un local présentant pourtant un risque de contamination en raison des travaux qui s’y déroulaient, ainsi que concernant l’analyse des risques et les contrôles préalables au chantier, qui n’avaient pas identifié ce risque de contamination. En raison de ces insuffisances, l’événement a été classé au niveau 1 de l’échelle INES (échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques, graduée de 0 à 7 par ordre croissant de gravité).
L’ASNR suit l’avancement des investigations complémentaires et des actions correctives menées par l’exploitant.
Date de la dernière mise à jour : 27/04/2026
Classement de l’incident (INES)
Niveau 1
Anomalie