Dépassement de la durée d’indisponibilité, fixée par les règles générales d’exploitation, d’une batterie de secours des tableaux électriques du réacteur 3
Le 18 février 2026, EDF a déclaré à l'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) un événement significatif pour la sûreté, relatif à l’indisponibilité d’une batterie de secours des tableaux électriques du réacteur 3, pendant une durée supérieure à celle prévue par les règles générales d’exploitation (RGE).
Par conception, les réacteurs du type de ceux de Cruas-Meysse comportent deux sources électriques externes reliées au réseau électrique : l’une au travers d’un transformateur électrique de soutirage (TS) et l’autre au travers de deux transformateurs auxiliaires (TA) pour chaque paire de réacteurs. Chaque réacteur comporte également deux sources électriques internes assurées par des groupes électrogènes de secours à moteur diesel. Des batteries permettent de maintenir l’alimentation des tableaux électriques pendant les phases de basculement entre les sources électriques. Depuis les suites de l’accident nucléaire de Fukushima, un groupe électrogène d’ultime secours vient compléter ce dispositif.
Les règles générales d’exploitation (RGE) sont un recueil de règles approuvées par l’ASNR qui définissent le domaine autorisé de fonctionnement de l’installation et les prescriptions de conduite associées. Elles prescrivent notamment la conduite à tenir et les délais d’intervention en cas d’indisponibilités de matériels, en fonction de leur importance pour le maintien en état sûr du réacteur.
Le 7 février 2026, alors que le réacteur 3 de la centrale nucléaire de Cruas-Meysse était en arrêt pour maintenance, un essai de basculement des alimentations électriques externes du transformateur de soutirage (TS) vers le transformateur auxiliaire (TA) n’a pas permis d’atteindre les critères de basculement dans les temps requis, ce qui a entraîné le démarrage d’un groupe électrogène de secours.
Les investigations menées à la suite de cet essai ont mis en évidence, le 13 février 2026, la défaillance d’une batterie prévue pour maintenir sous tension les tableaux électriques pendant le basculement entre le TS et le TA. Des analyses complémentaires ont ensuite mis en évidence que la batterie était indisponible depuis le 25 janvier 2026, alors que le réacteur était en fonctionnement. Ainsi, la source électrique externe auxiliaire doit donc être considérée indisponible depuis cette date. La durée de cette indisponibilité a donc été supérieure aux délais prévus par les RGE dans cette situation, allant de un à trois jours selon l’état du réacteur. EDF a prévu de remplacer les éléments de batterie défaillants pendant l’arrêt du réacteur 3 en cours.
Cet événement n’a pas eu de conséquence sur l’installation, les personnes et l’environnement. Toutefois, en raison de l’indisponibilité d’une source externe auxiliaire du réacteur 3 pendant un délai supérieur à celui prévu par les STE, cet évènement a été reclassé, le 24 février 2026, au niveau 1 de l’échelle INES.
Date de la dernière mise à jour : 02/03/2026
Classement de l’incident (INES)
Niveau 1
Anomalie