Détection tardive de l’indisponibilité d’une pompe du circuit d’injection de sécurité (RIS)

Publié le 13/03/2026

Centrale nucléaire de Civaux Réacteurs de 1450 MWe - EDF

Le 6 mars 2026, l’exploitant de la centrale nucléaire de Civaux a déclaré à l'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) un événement significatif pour la sûreté relatif à l’indisponibilité d’une pompe du circuit d’injection de sécurité (RIS).

Les règles générales d’exploitation (RGE) sont un recueil de règles approuvées par l’ASNR qui définissent le domaine autorisé de fonctionnement de l’installation et les prescriptions de conduite associées. Elles prescrivent notamment les délais maximums de réparation en cas d’indisponibilité des systèmes requis pour assurer la sûreté des réacteurs.

Le circuit d’injection de sécurité (RIS) permet, en cas d’accident causant une brèche importante au niveau du circuit primaire du réacteur, d’introduire de l’eau borée sous pression dans celui-ci afin d’étouffer la réaction nucléaire et d’assurer le refroidissement du cœur. Ce système est constitué de deux voies redondantes comprenant chacune, entre autres, une pompe d’injection à basse pression qui permet une injection directe d’eau borée dans le circuit primaire. Ces pompes sont refroidies par un circuit d’eau.

Le 3 mars 2026, le réacteur 2 était en production. Lors d’un essai périodique du débit du circuit de refroidissement d’une pompe d’injection à basse pression du circuit RIS, l’exploitant a constaté que ce débit était inférieur au critère requis par les règles générales d’exploitation. Les investigations menées par l’exploitant ont déterminé qu’un robinet présent sur le circuit de refroidissement n’était pas complètement ouvert.

En cas d’incident nécessitant la mise en œuvre de l’injection de sécurité, en l’absence de refroidissement suffisant, le bon fonctionnement de cette pompe n’aurait pu être maintenu dans le temps. Cela a amené l’exploitant à considérer la pompe comme indisponible depuis le redémarrage du réacteur en juillet 2025, car le robinet incriminé n’a pas été manœuvré depuis. La règle relative à l’indisponibilité de cette pompe, qui impose le repli du réacteur sous trois jours, n’a donc pas été respectée. La pompe de l’autre voie était cependant disponible.

Cet événement n’a pas eu de conséquence sur les installations, les personnes et l’environnement. Toutefois, l’événement a affecté la fonction de sûreté liée au refroidissement du réacteur.

En raison du non-respect des règles générales d’exploitation et de son identification tardive, cet événement a été classé au niveau 1 de l’échelle INES (échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques, graduée de 0 à 7 par ordre croissant de gravité).

Dès la détection de l’événement le 3 mars 2026, l’exploitant a manœuvré le robinet et a retrouvé un débit conforme, rendant ainsi la pompe de nouveau disponible.

Date de la dernière mise à jour : 13/03/2026

Classement de l’incident (INES)

Niveau 1

Anomalie