Détection tardive de l’indisponibilité d’une pompe du système d’alimentation de secours des générateurs de vapeur du réacteur 1 de la centrale nucléaire de Gravelines
Le 24 février 2026, l’exploitant de la centrale nucléaire de Gravelines a déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) un événement significatif relatif à la détection tardive de l’indisponibilité d’une pompe du système d’alimentation de secours des générateurs de vapeur (ASG) du réacteur 1.
Les générateurs de vapeur sont des échangeurs thermiques entre l’eau du circuit primaire, portée à haute température et à pression élevée dans le cœur du réacteur, et l’eau du circuit secondaire, qui se transforme en vapeur et alimente la turbine. Le système d’alimentation de secours des générateurs de vapeur assure cette alimentation pendant les phases de mise en service et de mise à l’arrêt du réacteur, ainsi qu’en situation accidentelle.
Les règles générales d’exploitation (RGE) sont un recueil de règles approuvées par l’ASNR qui définissent le domaine autorisé de fonctionnement de l’installation et les prescriptions de conduite associées. Elles prescrivent notamment des conduites à tenir et des délais d’intervention en cas d’indisponibilité fortuite de matériels, en fonction de leur importance pour le maintien en état sûr du réacteur.
Dans le cadre du déploiement des dispositions du noyau dur[1], l’une des deux pompes ASG a été remplacée, par un nouveau modèle afin d’améliorer sa robustesse, lors de l’arrêt pour maintenance du réacteur 1 en août 2025.
Lors du redémarrage du réacteur, plusieurs changements de domaines d’exploitation ont été réalisés pour traiter des aléas successifs entre le 1er novembre et le 23 décembre 2025.
Le 23 décembre 2025, une fuite d’huile au niveau de cette pompe a été identifiée. Des doutes ayant été émis quant à sa capacité à assurer sa fonction, il a été considéré que celle-ci n’était plus en mesure de respecter les attendus de la disponibilité « noyau dur ». La réparation de la pompe a été réalisée dans le délai prévu par les RGE.
Le 10 février 2026, les analyses des pièces déposées ont été portées à la connaissance de l’exploitant et ont montré qu’il s’agissait d’un défaut de montage d’un joint en usine. Ceci a conduit à devoir considérer la pompe ASG comme indisponible depuis son installation et non à compter du moment où la fuite avait été découverte. Lorsqu’une pompe ASG est indisponible, les RGE imposent le repli du réacteur sous trois jours lorsque le réacteur est en production et une réparation de la pompe sous trois jours lorsque le réacteur est en arrêt normal sur générateurs de vapeur. Ces conduites à tenir auraient dû être appliquées à plusieurs reprises entre le 1er novembre et le 23 décembre 2025.
D’autres pompes redondantes ayant été disponibles, cet événement n’a pas eu de conséquence sur les installations, sur l’environnement ou sur les travailleurs. Toutefois, en raison de sa détection tardive, cet événement a été classé au niveau 1 de l’échelle INES (échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques, graduée de 0 à 7 par ordre croissant de gravité).
[1] Le noyau dur est un ensemble de moyens matériels fixes et robustes complétés par des moyens mobiles visant à éviter des rejets radioactifs massifs et des effets durables dans l’environnement pour des situations extrêmes consécutives à une agression naturelle externe extrême. Il s’agit principalement de situations de séisme, d’inondation externe ou liées à des phénomènes météorologiques (foudre, grêle, grands vents, pluies de forte intensité, tornade).
Date de la dernière mise à jour : 11/03/2026
Classement de l’incident (INES)
Niveau 1
Anomalie