Détection tardive de l’indisponibilité de deux vannes du dispositif de recirculation du réacteur 1
Le 23 janvier 2026, EDF a déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) un évènement significatif pour la sûreté, relatif à la détection tardive de l’indisponibilité de la manœuvre depuis la salle de commande des vannes des puisards du dispositif de recirculation du réacteur 1.
Le circuit d’injection de sécurité (RIS) permet, en cas d’accident causant une brèche au niveau du circuit primaire du réacteur, d’introduire de l’eau borée sous pression dans celui-ci afin d’étouffer la réaction nucléaire et d’assurer le refroidissement du cœur. Le circuit d'aspersion dans l'enceinte (EAS) est un système de sauvegarde qui, en cas d'accident, pulvérise de l'eau contenant de la soude dans l'enceinte du réacteur afin d'y diminuer la pression et la température ainsi que la quantité d'iode radioactif sous forme de gaz. L'eau injectée par les systèmes RIS et EAS provient tout d'abord d’un réservoir. Lorsque celui-ci est vide, l'eau collectée dans des puisards situés au fond du bâtiment du réacteur est réinjectée par les systèmes RIS et EAS.
Les règles générales d’exploitation (RGE) sont un recueil de règles approuvées par l’ASNR qui définissent, notamment dans un chapitre dédié aux spécifications techniques d’exploitation, le domaine autorisé de fonctionnement de l’installation et les prescriptions de conduite associées. Elles prescrivent notamment des conduites à tenir et des délais d’intervention en cas d’indisponibilités fortuites de matériels, en fonction de leur importance pour le maintien en état sûr du réacteur.
Le 12 janvier 2026, le réacteur 1 était en arrêt pour maintenance dans le cadre de sa quatrième visite décennale. Lors d’une opération d’exploitation, l’exploitant a constaté que la manœuvre depuis la salle de commande des vannes des puisards du dispositif de recirculation n’était pas possible. L’exploitant a engagé des investigations, qui ont permis d’identifier que ces manœuvres n’étaient plus réalisables depuis la mise hors tension d’un tableau électrique dans le cadre d’une activité de maintenance réalisée le 9 janvier 2026.
Le matériel a été remis en conformité le 12 janvier 2026, quelques heures après la détection de l’écart. Néanmoins, les vannes du dispositif de recirculation ont été indisponibles entre le 9 et le 12 janvier 2026. EDF n’a donc pas respecté a posteriori les RGE, qui prévoient une remise en conformité de ces matériels sous 24 heures.
Cet évènement n’a pas eu de conséquence sur les installations, les personnes et l’environnement. Toutefois, compte tenu du non-respect des spécifications techniques d’exploitation et de son identification tardive, il a été classé au niveau 1 de l’échelle INES (échelle internationale des évènements nucléaires et radiologiques, graduée de 0 à 7 par ordre croissant de gravité).
L’ASNR restera vigilante quant à l’analyse des causes humaines et organisationnelles ayant entraîné cette anomalie et aux actions prises pour éviter son renouvellement.
Date de la dernière mise à jour : 06/02/2026
Classement de l’incident (INES)
Niveau 1
Anomalie