Détection tardive du dépassement d’un critère de débit de fuite du circuit primaire

Publié le 14/10/2026

Centrale nucléaire de Cruas-Meysse Réacteurs de 900 MWe - EDF

Le 29 septembre 2026, EDF a déclaré à l'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) un événement significatif pour la sûreté relatif à la détection tardive du dépassement d’un critère de débit de fuite du circuit primaire du réacteur 2.

Sur un réacteur à eau sous pression (REP), le refroidissement du combustible est assuré par le circuit primaire. Le circuit de contrôle volumétrique et chimique (RCV), relié au circuit primaire, permet notamment le contrôle de la chimie, de la pression et du niveau d’eau de ce dernier.

Des fuites dites « technologiques » sont prévues par conception sur le circuit primaire, notamment au niveau des organes de robinetterie. Elles sont collectées dans des réservoirs ou via les circuits connexes au circuit primaire. D’autres fuites, non collectées, sont également tolérées par les règles générales d’exploitation (RGE).

Les RGE sont un recueil de règles approuvées par l’ASNR qui définissent le domaine autorisé de fonctionnement de l’installation et les prescriptions de conduite associées. Elles prescrivent notamment la conduite à tenir et les délais d’intervention en cas d’indisponibilité de matériels, en fonction de leur importance pour le maintien en état sûr du réacteur. Les RGE définissent en particulier des débits de fuite du circuit primaire à ne pas dépasser. Pour les fuites non quantifiées et non collectées, la limite fixée par les RGE est de 230 litres par heure.

Le 25 septembre 2026, le réacteur 2 était en fonctionnement à sa puissance nominale. Vers 3h du matin, le débit de fuite primaire a dépassé la limite susmentionnée, sans que la situation ne soit détectée par les opérateurs.

Vers 7h10, l’équipe de conduite a détecté la baisse anormale du niveau d’un réservoir du circuit RCV puis a identifié la fuite du circuit primaire, survenue sur un circuit d’échantillonnage du circuit primaire. La fuite a été estimée à 292 litres par heure. Les actions engagées ont permis de faire cesser la fuite vers 8h32.

Le débit de fuite ayant été compensé automatiquement, la quantité d’eau présente dans le circuit primaire et assurant le refroidissement du combustible est restée suffisante. Les effluents issus de cette fuite ont été récupérées dans un circuit dédié. Par conséquent, l’événement n’a pas eu de conséquence sur l’installation, le personnel ou sur l’environnement. Cependant, en cas de dépassement d’un critère de fuite du circuit primaire défini par les RGE, il est prévu que la fuite soit isolée dans un délai de deux heures.

Ainsi, en raison du dépassement de l’un des critères de débit de fuite définis dans les RGE et de la détection tardive de celle-ci, cet événement a été classé au niveau 1 de l’échelle INES (échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques).

Date de la dernière mise à jour : 14/10/2026

Classement de l’incident (INES)

Niveau 1

Anomalie