Non-respect de la conduite à tenir prévue par les règles générales d’exploitation du réacteur 1

Publié le 19/02/2026

Centrale nucléaire de Gravelines Réacteurs de 900 MWe - EDF

Le 20 janvier 2026, l’exploitant de la centrale nucléaire de Gravelines a déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) un événement significatif relatif au non-respect de la conduite à tenir prévue par les règles générales d’exploitation (RGE) du réacteur 1 concernant la réalisation de mouvements d’eau du circuit primaire alors qu’un des capteurs de mesure de la puissance du cœur (RPN) était indisponible.

Sur un réacteur à eau sous pression, la réaction nucléaire au sein du cœur du réacteur est notamment surveillée par un système de mesure externe, appelé RPN, constitué de quatre capteurs de mesure situés autour de la cuve, qui permet de connaître en continu le niveau et la distribution de puissance le long des assemblages de combustible et autour du cœur (distribution axiale et azimutale de puissance).

Les règles générales d’exploitation (RGE) sont un recueil de règles approuvées par l’ASNR qui définissent le domaine autorisé de fonctionnement de l’installation et les prescriptions de conduite associées. Elles prescrivent notamment des conduites à tenir et des délais d’intervention en cas d’indisponibilités fortuites de matériels, en fonction de leur importance pour le maintien en état sûr du réacteur.

Le 11 janvier 2026, alors que le réacteur 1 était remis à l’arrêt pour caractériser un bruit anormal dans un générateur de vapeur, une dérive d’un des capteurs RPN a été constatée. En parallèle du diagnostic du capteur, l’équipe conduite a procédé aux opérations de lignage pour permettre les mouvements d’eau du circuit primaire nécessaire à sa vidange en vue de réaliser l’intervention.

Malgré le retour du diagnostic réalisé, qui concluait le 12 janvier à 0h30 à l’indisponibilité du capteur, l’équipe de conduite a réalisé un premier mouvement d’eau le 12 janvier à 3h00, alors que les RGE imposent de les arrêter dans cette situation.

Après la fin de l’intervention sur le capteur le 12 janvier matin, celui-ci a été déclaré disponible. Les opérations de vidange et de conduite du réacteur se sont poursuivies.

Le 13 janvier, une nouvelle dérive du capteur a été constatée, et l’analyse a conclu qu’il devait être considéré comme indisponible depuis le 12 janvier à 0h30. Durant ce laps de temps, trois mouvements d’eau ont été réalisés, ce qui constitue un non-respect de la conduite à tenir prévue par les RGE.

Le remplacement et la requalification du capteur ont été réalisés le 15 janvier.

L’ASNR a mené une inspection sur le site le 28 janvier 2026 dans le but de mieux comprendre la chronologie des événements, d’examiner les documents d’exploitation et de maintenance et d’objectiver le classement de l’événement sur l’échelle INES. A la suite de celle-ci, l’exploitant a mis à jour sa déclaration d’événement le 2 février 2026.

Cet événement n’a pas eu de conséquence sur les installations, sur l’environnement ou sur les travailleurs. Toutefois, en raison du non-respect de la conduite à tenir imposée par les RGE suivi de trois nouvelles occurrences détectées tardivement, cet événement a été classé au niveau 1 de l’échelle INES (échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques, graduée de 0 à 7 par ordre croissant de gravité).

L’ASNR sera vigilante quant à l’analyse des causes humaines et organisationnelles ayant entraîné ces situations et aux actions prises pour éviter son renouvellement.

Pour en savoir plus

Date de la dernière mise à jour : 19/02/2026

Classement de l’incident (INES)

Niveau 1

Anomalie