Zone de gestion de déchets solides radioactifs

La Zone de gestion de déchets solides radioactifs (ZGDSINB 72) a été autorisée par le décret du 14 juin 1971. Cette installation, exploitée par le CEA, assure le traitement, le conditionnement et l’entreposage des déchets de haute, moyenne et faible activité des installations du centre de Saclay. Elle assure également l’entreposage de matières et de déchets anciens (combustibles usés, sources scellées, liquides scintillants, résines échangeuses d’ions, déchets technologiques, etc.) en attente d’évacuation.

En bref

176

Lettres de suite d'inspection

7

Consultations du public

14

Avis d'incidents

34

Rêglementation

Nouvelle gestion de reprise des déchets à Saclay

 

L’INB 72, mise en service en 1971, regroupe les installations d’entreposage et de traitement des déchets radioactifs solides produits essentiellement par les réacteurs, laboratoires et ateliers implantés sur le centre de Saclay.

À la suite d’une réunion du groupe permanent d’expert en 2009, le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) s’est engagé dans un processus de reprise et d’évacuation des déchets afin de diminuer le terme source de l’installation. Cette démarche complexe, se poursuit actuellement par le projet de reprise et conditionnement des déchets (RCD) de cette installation, qui durera plusieurs décennies. L’INB 72 étant l’une des installations du CEA qui comporte le terme source mobilisable le plus important en cas d’accident, l’évacuation de ce terme source a été classée parmi les priorités une de la stratégie de démantèlement du CEA.

L’opération notable de cette phase de RCD est le futur procédé d’Évacuation des POubelles de Combustibles (procédé EPOC), dont le projet et la démonstration de sûreté ont été présentés dans le cadre du dossier de démantèlement de l’INB 72 déposé en 2015.

Nouvelle gestion de reprise des déchets à Saclay

 

L’objectif de ce procédé est de pouvoir reprendre, caractériser, trier et conditionner des fûts contenant un mélange de déchets et de morceaux de combustibles, actuellement entreposés dans 15 puits du bâtiment 114 [1]. Compte tenu de leur état dégradé et de leur contenu, ces 144 fûts ne peuvent être traités par l’installation avec les moyens existants.

EPOC est une chaîne de procédé complexe composée d’une hotte de reprise [2], positionnée au‑dessus des puits, permettant d’extraire les fûts à reprendre jusqu’à une cellule blindée de tri et traitement, à l’aide d’un chariot de transfert. L’ensemble « hotte de reprise », sert à définir, grâce à une caméra vidéo, l’état du fût puis sa stratégie de reprise, à l’aide de différents outils adaptés à l’état de dégradation du fût. La chaîne blindée, permet de traiter les fûts et de reconditionner les combustibles et les déchets contenus dans les fûts.

La hotte de reprise se positionne sur la plateforme d’accostage [3] verticalement, le fût est descendu dans la « chapelle », puis transféré jusqu’à la cellule de tri dans laquelle le combustible est mis en étui. Cet étui est transféré dans la cellule combustible adjacente et les autres déchets redescendent dans la chapelle pour être traités et conditionnés [4]. Les combustibles reconditionnés sont par la suite introduits dans un emballage de transport, pour leur entreposage dans une installation dédiée.

Le poste de maintenance et d’essais [5] s’élève sur trois niveaux ; il permet la maintenance des équipements de reprise et leur décontamination, ainsi que les essais des ponts des équipements et la formation des opérateurs.

La reprise des fûts se fera différemment selon leur état [6]. Lorsque le fût est intègre, la hotte de reprise reprend le fût en un seul bloc et le transfère ainsi vers la cellule blindée. Lorsque le fût est dégradé, la hotte de reprise, munie d’un outil spécifique, découpe le couvercle du fût pour reprendre le contenant. Enfin, lorsque les fûts sont en ruine, le CEA a prévu des équipements spécifiques qui vont permettre de découper les différents contenants au sein du puits, ainsi qu’une pince pour récupérer le contenant et le contenu. Tous les débris sont mis dans des petits conteneurs. Une fois remplis, ils sont transférés jusqu’à la chaîne blindée pour être triés et conditionnés. Dans ce cas, le nombre de transferts est élevé, ce qui augmente le temps de reprise. Le désentreposage EPOC débutera ainsi approximativement en 2029, pour une durée évaluée à 15 ans.

Compte tenu de « l’inventaire dispersable [1] » actuellement présent dans l’installation, l’INB 72 fait partie des priorités de la stratégie de démantèlement du CEA qui a été examinée par l’ASN, laquelle s’est prononcée en mai 2019 sur ces priorités.

L’INB 72 est à l’arrêt définitif depuis le 31 décembre 2022. Néanmoins, certains déchets peuvent être pris en charge par l’installation jusqu’en 2025. Après analyse du rapport de réexamen de l’INB 72 transmis fin 2017, instruit conjointement avec le dossier de démantèlement, l’ASN a encadré, par la décision n° CODEP‑CLG-2022‑005822 du président de l’ASN du 2 février 2022, les conditions de poursuite d’exploitation de l’installation. Par ailleurs, le décret n°2022‑1107 du 2 août 2022 prescrivant au CEA de procéder aux opérations de démantèlement de l’INB 72 a été publié au Journal Officiel. Celui‑ci est entré en vigueur le 26 juillet 2023, date à laquelle l’ASN a approuvé la révision des règles générales d’exploitation (RGE).

L’ASNR note positivement l’évacuation du dernier générateur isotopique et la fin du reconditionnement des résines échangeuses d’ions en 2025. La reprise du chantier de désentreposage des crayons de combustible contenus dans un emballage appelé « RCC », à l’arrêt depuis 2024, à la suite de la perte d’intégrité de pastilles de combustible lors des manipulations, est prévue en 2026 par le CEA, avec une adaptation des modalités de réalisation de certaines opérations.

Par ailleurs, l’ASNR reste vigilante à l’avancement du projet « Évacuation des poubelles de combustibles » (EPOC[2]), au regard des difficultés rencontrées ces dernières années par le CEA dans sa gestion. En 2025, l’exploitant a poursuivi les investigations visant à améliorer la connaissance de l’état des fûts et des puits concernés. L’ASNR veillera également à la prise en compte par le CEA du retour d’expérience du dysfonctionnement rencontré en 2025 sur le château A, utilisé pour le transport des fûts. Le projet EPOC prévoit en effet l’utilisation d’un équipement similaire.

 


[1]. Partie de l’inventaire des radionucléides d’une installation nucléaire qui regroupe les radionucléides susceptibles d’être dispersés dans l’installation lors d’un incident ou d’un accident, voire, pour une fraction d’entre eux, d’être rejetés dans l’environnement.

[2]. Ce projet comprend un procédé destiné à reprendre et conditionner des fûts actuellement entreposés en puits dans l’installation et contenant un mélange de déchets et de morceaux de combustibles. La reprise de ces fûts requiert un équipement spécifique, compte tenu des incertitudes sur leur intégrité.

Date de la dernière mise à jour : 10/06/2026