Le groupement d’intérêt économique Ganil a été autorisé en 1980 à créer un accélérateur d’ions à Caen (INB 113). Cette installation de recherche produit, accélère et distribue des faisceaux d’ions à différents niveaux d’énergie pour étudier la structure de l’atome. Les faisceaux de forte énergie produisent des champs importants de rayonnements ionisants, activant les matériaux en contact, qui émettent alors des rayonnements ionisants, même après l’arrêt des faisceaux. L’irradiation constitue donc le risque principal du Ganil.
L’ASN a autorisé, par décision n°2019-DC-0675 du 27 juin 2019, la mise en service de la phase 1 de l’extension SPIRAL 2 du Grand accélérateur national d’ions lourds (Ganil). Cette décision marque la fin d’une instruction qui aura duré 10 ans !
Le Ganil, situé à Caen, est un groupement d’intérêt économique (GIE) constitué entre l’IN2P3 (Institut national de physique nucléaire et de physique des particules) du CNRS et la Direction des sciences de la matière du CEA. Cette installation nucléaire de base (INB 113) a été construite en 1980. Les scientifiques, qu’elle accueille depuis sa mise en service en 1983, étudient les noyaux des atomes exotiques (n’existant pas sur Terre à l’état naturel) créés par l’interaction entre une cible et un faisceau d’ions radioactifs ou non, produits par une série d’accélérateurs de particules.
Après la mise en service en 2001 de l’extension SPIRAL 1 (système de production d’ions radioactifs en ligne de première génération) pour la production de noyaux exotiques dits « légers », le Ganil a demandé en 2009 à modifier son installation pour implanter l’extension SPIRAL 2, en deux phases, afin de produire des noyaux radioactifs dits « lourds ».
Dans sa première phase, SPIRAL 2 vise à doter le Ganil d’un nouvel accélérateur, le Linac, délivrant notamment des faisceaux d’ions lourds avec une très haute intensité. Le faisceau est ensuite dirigé vers des salles d’expériences comportant différents dispositifs d’expérimentation : NFS (Neutrons For Science) et S3 (Super Séparateur Spectromètre). L’installation est également pourvue de dispositifs permettant d’arrêter le faisceau, appelés « arrêts faisceau ». Leur fonction consiste à stopper le faisceau de particules lors des phases de réglage ou en cas de situations accidentelles ou incidentelles.
Cette nouvelle extension permettra d’explorer les noyaux des atomes auxquelles les équipements actuels du Ganil ne permettent pas d’accéder. Par la suite, la phase 2 de SPIRAL 2 permettra, au moyen d’un bâtiment de production dédié, de créer des faisceaux d’ions parmi les plus intenses au monde. Cette phase sera construite ultérieurement et fera l’objet d’une nouvelle demande d’autorisation.
Les « noyaux exotiques » sont des noyaux qui n’existent pas à l’état naturel sur Terre. Ils sont créés artificiellement dans le Ganil pour des expériences de physique nucléaire sur les origines et la structure de la matière. Afin de produire ces noyaux exotiques, le Ganil a été autorisé en 2012 à construire la phase 1 du projet SPIRAL2, dont la mise en service a été autorisée par l’ASN en 2019.
Un nouveau projet est en cours de réalisation sur le site avec l’installation « Désintégration, Excitation et Stockage d’Ions Radioactifs », dite « DESIR ». Le projet DESIR aura pour fonction première la création de nouveaux espaces d’expérimentation sur la base de faisceaux d’ions radioactifs issus des installations SPIRAL1 et S3 (aire expérimentale de l’installation SPIRAL2 phase 1).
Ce projet s’accompagne d’une modification du périmètre de l’INB. L’instruction de ce dossier s’est poursuivie en 2023, avec la tenue de l’enquête publique à l’issue de laquelle le commissaire enquêteur a émis un avis favorable. Par la suite, le permis de construire a été délivré et les travaux ont été engagés.
L’instruction du second réexamen de sûreté de l’installation est également en cours. L’ASN a demandé en août de compléter le rapport de conclusions du réexamen, l’exploitant a fourni ces éléments en décembre 2023. Une inspection de ce réexamen a été réalisée le 20 décembre, elle a permis de constater les progrès du Ganil dans la définition des exigences définies associées aux activités et éléments importants pour la protection des intérêts, même si l’intégration de ces évolutions dans le référentiel d’exploitation reste à finaliser.
Principales étapes réglementaires
L'accélérateur de particules constitue l'installation nucléaire de base (INB) n°113 et sa création a été autorisée par décret du 29 décembre 1980.
Cette installation est exploitée par un Groupement d'Intérêt Économique (GIE) formé par contrat du 19 janvier 1976 entre le Commissariat à l'Energie Atomique (CEA) et l'Institut National de Physique Nucléaire et de Physique des Particules du CNRS.
Date de la dernière mise à jour : 10/06/2026
Appréciations 2025
À la suite de son autorisation par le décret du 7 mars 2025, Le projet « DESIR », pour « Désintégration, Excitation et Stockage d’Ions Radioactifs », est en cours de réalisation sur le site. Il aura pour fonction première la création de nouveaux espaces d’expérimentation sur la base de faisceaux d’ions radioactifs issus des installations existantes. Sa mise est service est conditionnée à une autorisation de l’ASNR.
L’instruction du second réexamen de sûreté de l’installation s’est poursuivie en 2025. À la suite du dépôt du rapport de conclusion du second réexamen périodique le 18 mai 2021 et des compléments apportés par le Ganil, de l’inspection du réexamen du 20 décembre 2023 et des réponses apportées, les conclusions de ce réexamen ont été émises le 12 juin 2025. L’ASNR a autorisé la poursuite de l’exploitation des installations. Toutefois, l’ASNR a demandé au Ganil de renforcer sa politique en matière de prise en compte des facteurs organisationnels et humains.
L’ASNR estime que la gestion de la sûreté nucléaire et de la radioprotection par le Ganil est globalement satisfaisante. Les contrôles faits par l’ASNR en 2025 ont porté sur la gestion de la maintenance et des équipements sous pression. Si la gestion de la maintenance est satisfaisante, et que le Ganil a une organisation effective concernant le suivi en service des équipements sous pression, l’application de certains aspects de la réglementation concernant ces équipements doit être améliorée.
L’exploitant a présenté en 2024 une modification de son organisation qui a été autorisée par l’ASNR en 2025 et qui devrait être effective début 2026. L’ASNR sera attentive à la bonne prise en compte des enjeux de sûreté nucléaire et de radioprotection lors de sa mise en œuvre.