Station de traitement des déchets solides (STD)
La STD constitue à ce jour la seule INB civile du CEA autorisée à conditionner des déchets radioactifs de moyenne activité à vie longue (MA-VL), avant leur entreposage dans l’installation Cedra (INB 164), dans l’attente d’une expédition vers une installation de stockage en couche géologique profonde. Cette situation particulière rend la STD incontournable dans la stratégie de démantèlement et de gestion des déchets du CEA.
Les travaux principaux du projet de rénovation de l’installation, dénommée « Pagode », ainsi que son exploitation ont été interrompus à la suite de la découverte de défauts de génie civil en mai 2024, événement classé au niveau 1 de l’échelle INES. A la suite des résultats des investigations menées tout au long de l’année 2025, le projet Pagode, dont l’échéance de fin des travaux est prescrite au 30 juin 2028, n’est plus désormais d’actualité. L’INB ne peut notamment pas atteindre le niveau de sûreté attendu vis-à-vis du risque sismique. Par conséquent, le CEA a revu sa stratégie de gestion des déchets, afin d’assurer le traitement des déchets MA-VL, le temps de définir une solution pérenne de traitement à un horizon de 10 à 15 ans. Elle prévoit une reprise d’activité, malgré les défauts de structure, qui exigent des limitations du domaine de fonctionnement de l’installation. Ces dispositions doivent faire l’objet d’un dossier de demande d’autorisation, qui sera instruit par l’ASNR.
Station de traitement des effluents actifs (STE)
L’instruction du dossier de démantèlement de l’installation s’est poursuivie en 2025. Le CEA prévoit une mise à jour de son dossier incluant les nouveaux éléments relatifs à la reprise des résidus de fond de cuve par voie sèche. La consultation de l’Autorité environnementale puis l’enquête publique sont prévues pour 2026.
Dans le cadre des opérations préalables au démantèlement, l’exploitant poursuit l’évacuation des déchets et a démarré en 2025 les prélèvements de résidus en fond de cuves béton du bâtiment 322 afin d’améliorer la connaissance de leur contenu et de déterminer le scénario de traitement. Les inspections télévisuelles des cuves des bâtiments 320 et 321 se sont poursuivies en vue de leur caractérisation. Une campagne de prélèvements de sols en surface au niveau du talus du bâtiment 322 a été lancée pour statuer de leur marquage et affiner la stratégie d’assainissement. L’exploitant a également poursuivi la rénovation du mur de soutènement du bâtiment 322, celui-ci présentant des éclats au niveau du béton.
Dans le cadre des suites du réexamen de 2017, le CEA a réalisé des opérations de jouvence de la centrale incendie en 2025 et posé un revêtement étanche sur les radiers du bâtiment 322 afin d’éviter les infiltrations d’eau. L’exploitant a également transmis le plan de gestion des sols du champ de la Grande Bastide, dans l’objectif de traiter les marquages radiologiques historiques constatés dans le champ de la Grande Bastide et d’éviter leur dissémination lors d’épisodes pluvieux.
Par ailleurs, l’installation a connu plusieurs marquages des eaux pluviales entraînant la présence de radionucléides artificiels en dehors des zones contaminées identifiées qui ont fait l’objet de déclarations d’événements significatifs à l’ASN entre 2021 et 2023, malgré la mise en œuvre d’un plan d’action sur la gestion des eaux pluviales. L’évaluation de l’efficacité du plan de gestion des eaux pluviales ayant montré la nécessité de mise en œuvre d’actions complémentaires, la surveillance des eaux pluviales s’est poursuivie en 2025, ainsi que les actions d’amélioration comme le déplacement du point de rejet principal afin d’écarter l’hypothèse d’une contamination des eaux par le sol du champ de la Grande Bastide.
La stratégie de gestion proposée par le CEA est en cours d’instruction à l’ASNR. Dans le même cadre, l’ASNR attend la transmission de la stratégie globale du CEA au sujet des sols pollués en cours de définition.