Défaut d'optimisation concernant une cohorte de patients pédiatriques en radiologie conventionnelle

Publié le 02/09/2026

Centre hospitalier d’Hyères 83400 Hyères

Le 12 mars 2026, le centre hospitalier d’Hyères (83) a déclaré à l’ASNR un événement significatif concernant la radioprotection, affectant une cohorte de 332 enfants de moins de 10 ans lors d’un examen de radiologie conventionnelle thoracique pour la période du 1er juillet 2017 au 31 décembre 2025. 

La situation a été mise en évidence par le centre hospitalier le 28 janvier 2026 dans le cadre d’une évaluation dosimétrique ciblée sur les radiographies thoraciques des nourrissons. Il est apparu, pour plusieurs examens réalisés en janvier 2026, que le relevé dosimétrique était supérieur au niveau de référence diagnostique (NRD[1]) défini par l’ASNR[2] . La cause identifiée réside dans l’utilisation de l’appareil de radiologie mobile Siemens Mobilett XP-Eco sans protocole dédié, les paramètres d’acquisition étant ajustés au cas par cas. Des mesures correctives immédiates ont été prises pour optimiser ces paramètres en s’alignant sur les pratiques du centre hospitalier de Toulon, équipé d’un appareil similaire (les deux établissements ont une direction commune). 

Le centre hospitalier d’Hyères a étendu l’évaluation dosimétrique à l’ensemble des examens thoraciques pédiatriques réalisés depuis la mise en service de cet appareil en 2017. Cette analyse approfondie a confirmé qu’une cohorte d’enfants avait reçu une dose supérieure à celle recommandée pour ce type d’examen, en raison d’un défaut d’optimisation de l’examen radiologique.

Les niveaux d'exposition enregistrés sont restés très faibles et comparables à ceux d'autres examens courants de radiologie pédiatrique. La comparaison des doses reçues avec la bibliographie et les publications de référence en matière de radioprotection permet de conclure à l’absence de conséquence sur la santé des enfants à court ou à long terme. L’établissement a d’ores et déjà informé les familles concernées en lien avec les autorités sanitaires. 

Au-delà de la mise en place d’un protocole spécifique pour les enfants, qui offre des résultats satisfaisants en termes de qualité d’image et de dose délivrée, le CH d’Hyères a pris les mesures suivantes :

  • Affichage du protocole d’acquisition sur l’appareil ;
  • Sensibilisation du personnel aux NRD pédiatriques ; 
  • Suivi trimestriel des doses délivrées aux enfants ;   
  • Réalisation d’évaluations dosimétriques périodiques (dont le volet pédiatrique) conformément aux exigences de l’ASNR.

L’ASNR note positivement les actions mises en œuvre. Elle rappelle en outre l’obligation réglementaire de procéder, dès l’installation puis tout au long de leur utilisation, à l’optimisation[3] des actes réalisés avec appareils de radiologie, en lien avec le fournisseur et le physicien médical, ainsi qu’à la formation et l’habilitation des professionnels appelés à les utiliser. Les réalisateurs de l’acte doivent évaluer régulièrement les doses délivrées aux patients et analyser les actes pratiqués en application du principe d’optimisation, défini à l’article R. 1333-61 du code de la santé publique. 

Tous les cinq ans, l’ASNR publie un rapport documentant l’exposition de la population française aux rayonnements ionisants liée aux actes de diagnostic. Son dernier rapport a été publié sur son site internet le 19 mai 2025[4].


[1] Les NRD sont utilisés par les professionnels dans le cadre d’une démarche d’optimisation des doses de rayonnements ionisants délivrées aux patients, afin de réduire l’exposition, tout en préservant la qualité des images pour atteindre l’objectif clinique recherché. Les NRD ne sont pas des valeurs limites de dose : ils permettent aux professionnels d’évaluer leurs pratiques par comparaison à ces valeurs de référence. Celles-ci, fixées dans une décision réglementaire de l’ASN, doivent être mises à jour régulièrement pour tenir compte de l’évolution des pratiques et des technologies. Ces niveaux sont définis pour les actes les plus courants mais aussi pour les plus exposants.

[2] Décision n° 2019-DC-0667 de l’Autorité de sûreté nucléaire du 18 avril 2019 relative aux modalités d’évaluation des doses de rayonnements ionisants délivrées aux patients lors d’un acte de radiologie, de pratiques interventionnelles radioguidées ou de médecine nucléaire et à la mise à jour des niveaux de référence diagnostiques associés

[3] Le principe d’optimisation est un des trois grands principes liés à la mise en œuvre des rayonnements ionisants dans les activités humaines édictés par la Commission Internationale de Protection Radiologique (CIPR). Il est ainsi rédigé dans le Code de la Santé Publique : « L'exposition des personnes aux rayonnements ionisants résultant d'une de ces activités ou interventions doit être maintenue au niveau le plus faible qu'il est raisonnablement possible d'atteindre, compte tenu de l'état des techniques, des facteurs économiques et sociaux et, le cas échéant, de l'objectif médical recherché ».

[4] ExPRI - Exposition de la population française aux rayonnements ionisants liée aux actes de diagnostic - édition 2025 (données 2022) Rapport

Date de la dernière mise à jour : 02/09/2026

Classement de l’incident (INES)

Événement hors échelle