La filière UNGG est constituée de six réacteurs, dont les réacteurs de Chinon A1, A2 et A3. Ces réacteurs de première génération fonctionnaient avec de l’uranium naturel comme combustible, utilisaient le graphite comme modérateur, et étaient refroidis au CO2. Au sein de cette filière, on distingue les réacteurs dits « intégrés », dont les échangeurs de chaleur se situent sous le cœur du réacteur à l’intérieur du caisson, et les réacteurs « non intégrés », dont les échangeurs se situent de part et d’autre du caisson du réacteur. Les réacteurs Chinon A1, A2 et A3 sont des réacteurs UNGG « non intégrés ». Ils ont été arrêtés respectivement en 1973, 1985 et 1990.
Les réacteurs A1 et A2 ont été partiellement démantelés et transformés en installations d’entreposage de leurs propres matériels (Chinon A1 D et Chinon A2 D). Ces opérations ont été autorisées respectivement par les décrets du 11 octobre 1982 et du 7 février 1991. Chinon A1 D est actuellement démantelé partiellement et est aménagé en musée – le musée de l’Atome – depuis 1986. Chinon A2 D est également démantelé partiellement et abritait jusqu’à la fin de l’année 2022 le GIE Intra (robots et engins destinés à intervenir sur des installations nucléaires accidentées). Le démantèlement complet du réacteur Chinon A3 a été autorisé par le décret du 18 mai 2010, avec un scénario de démantèlement « sous eau ».
En mars 2016, EDF a annoncé un changement complet de stratégie de démantèlement de ses réacteurs définitivement à l’arrêt. Dans cette nouvelle stratégie, le scénario de démantèlement prévu pour l’ensemble des caissons de réacteur est un démantèlement « en air » et le caisson de Chinon A2 serait démantelé en premier (voir chapitre 14). Dans ce contexte, l’ASN a analysé les rapports de conclusions du réexamen périodique, remis par EDF qui portent sur les six réacteurs UNGG, complétés en réponse à la demande de l’ASN. Au terme de son analyse, l’ASN a indiqué en décembre 2021 n’avoir pas d’objection à la poursuite d’exploitation des INB 133 (réacteur Chinon A1), 153 (réacteur Chinon A2) et 161 (réacteur Chinon A3). L’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) vérifiera, dans le cadre de l’instruction des dossiers de démantèlement de ces réacteurs, déposés par EDF fin 2022 et toujours en cours d’instruction, que les opérations de démantèlement seront réalisées dans de bonnes conditions de sûreté et de radioprotection, et dans des délais maîtrisés.
EDF a poursuivi, en 2025, les opérations préparatoires au démantèlement situées hors du caisson du réacteur Chinon A2, et les viroles provenant des quatre locaux échangeurs ont été évacuées vers l’exutoire retenu. Plusieurs chantiers de démantèlement du réacteur Chinon A3 ont également été réalisés, notamment le nettoyage d’anciennes piscines. En outre, EDF a continué le déploiement de son plan d’action engagé à la suite d’infiltrations d’eau survenues en 2023 et 2024 dans plusieurs locaux de Chinon A1, Chinon A2 et de l’AMI. Si l’avancement des actions est jugé satisfaisant, l’ASNR estime néanmoins qu’EDF doit poursuivre ses efforts pour améliorer le suivi du génie civil des installations.
En mars 2013, onze inspecteurs de l’ASN ont réalisé pendant une semaine entière une inspection approfondie (dite "inspection de revue") sur le thème du démantèlement.
Principales étapes réglementaires
Réacteurs | Numéro d'INB | Date de mise en service | Date de cessation d'activité | Décret d'autorisation de création d'INB partiellement démantelées |
A1 | 133 | 1963 | 1973 | 11/10/1982 |
A2 | 153 | 1965 | 1985 | 07/02/1991 |
A3 | 161 | 1966 | 1990 | 27/08/1996 |
[1] Parmi les scénarios possibles pour le démantèlement des structures fortement activées ou contaminées, on distingue le démantèlement « en air » et le démantèlement « sous eau ». L’approche « sous eau » consiste dans le cas des UNGG à remplir d’eau le cœur du réacteur (également appelé « caisson ») afin de bénéficier de l’effet protecteur d’une couche d’eau vis‑à‑vis des risques liés aux rayonnements, mais elle est plus complexe à mettre en œuvre que l’approche « sous air ». Compte tenu des difficultés techniques majeures (étanchéité du caisson et traitement de l’eau contaminée), mais également des avancées technologiques apportant d’autres solutions, notamment la téléopération, EDF a finalement retenu un scénario de démantèlement « en air », qui permet de s’affranchir des problématiques liées à l’utilisation de l’eau.