Site Orano de la Hague

L'établissement Orano de La Hague est implanté sur la pointe nord-ouest de la presqu'île du Cotentin, dans le département de la Manche (50), à 20 km à l'ouest de Cherbourg et à 6 km du cap de La Hague. Le site se trouve à une quinzaine de kilomètres des îles anglo - normandes.

Les usines de retraitement Orano Cycle de La Hague en fonctionnement

Les usines de La Hague, destinées au traitement des assemblages de combustibles irradiés dans les réacteurs nucléaires, sont exploitées par Orano Cycle La Hague.

Vue générale du site Orano de La Hague

La mise en service des différents ateliers des usines UP3-A (INB 116) et UP2‑800 (INB 117) et de la station de traitement des effluents STE3 (INB 118) s’est déroulée de 1986 (réception et entreposage des assemblages combustibles usés) à 2002 (atelier de traitement du plutonium R4), avec la mise en service de la majorité des ateliers de procédé en 1989‑1990.

Les décrets du 10 janvier 2003 fixent la capacité individuelle de traitement de chacune des deux usines à 1 000 tonnes par an (t/an), comptées en quantité d’uranium et de plutonium contenus dans les assemblages de combustible avant irradiation (passage en réacteur), et limitent la capacité totale des deux usines à 1 700 t/an. Les limites et conditions de rejet et de prélèvement d’eau du site sont définies par deux décisions de l’ASN n° 2022-DC-724 et n° 2022-DC-0725 du 16 juin 2022.

Les opérations réalisées dans les usines

Les usines de retraitement comprennent plusieurs unités industrielles, chacune destinée à une opération particulière. On distingue ainsi les installations de réception et d’entreposage des assemblages de combustible usés, de cisaillage et de dissolution de ceux‑ci, de séparation chimique des produits de fission, de l’uranium et du plutonium, de purification de l’uranium et du plutonium et de traitement des effluents, ainsi que de conditionnement des déchets.

À leur arrivée dans les usines, les assemblages de combustibles usés disposés dans leurs emballages de transport sont déchargés soit « sous eau » en piscine, soit « à sec » en cellule blindée étanche. Les assemblages sont alors entreposés dans des piscines pour refroidissement.

Ils sont ensuite cisaillés et dissous dans l’acide nitrique, afin de séparer les morceaux de gaine métallique du combustible nucléaire usé. Les morceaux de gaine, insolubles dans l’acide nitrique, sont évacués du dissolveur, rincés à l’acide puis à l’eau et transférés vers une unité de compactage et de conditionnement.

La solution d’acide nitrique comprenant les substances radioactives dissoutes est ensuite traitée, afin d’en extraire l’uranium et le plutonium et d’y laisser les produits de fission et les autres éléments transuraniens.

Après purification, l’uranium est concentré et entreposé sous forme de nitrate d’uranyle (UO2(NO3)2). Il est destiné à être converti, dans l’installation TU5 du site du Tricastin, en un composé solide stable (U3O8). L’uranium issu de ce procédé est dit « uranium de retraitement ».

Après purification et concentration, le plutonium est précipité par de l’acide oxalique, séché, calciné en oxyde de plutonium, conditionné en boîtes étanches et entreposé. Le plutonium est ensuite destiné à la fabrication de combustibles MOX (Mélange d’OXydes) dans l’usine Orano de Marcoule (Melox).

Les effluents et les déchets produits par le fonctionnement des usines

Les produits de fission et autres éléments transuraniens issus du retraitement sont concentrés, vitrifiés et conditionnés en colis standards de déchets vitrifiés (CSD‑V). Les morceaux de gaines métalliques sont compactés et conditionnés en colis standards de déchets compactés (CSD‑C).

Par ailleurs, les opérations de retraitement décrites au paragraphe précédent mettent en œuvre des procédés chimiques et mécaniques qui, par leur exploitation, produisent des effluents gazeux et liquides, ainsi que des déchets solides.

Les déchets solides sont conditionnés sur le site, soit par compactage, soit par enrobage dans du ciment. Les déchets radioactifs solides issus du traitement des assemblages de combustibles usés dans des réacteurs français sont, selon leur composition, envoyés au Centre de stockage de l’Aube (CSA) ou entreposés sur le site Orano Recyclage de La Hague dans l’attente d’une solution pour leur stockage définitif (notamment les colis CSD‑V et les colis CSD‑C).

Conformément à l’article L. 542‑2 du code de l’environnement, les déchets radioactifs issus du traitement des assemblages de combustibles usés d’origine étrangère sont réexpédiés à leurs propriétaires. Cependant, il est impossible de séparer physiquement les déchets en fonction des combustibles dont ils proviennent. Afin de garantir une répartition équitable des déchets issus du traitement des combustibles de ses différents clients, l’exploitant a proposé un système comptable permettant le suivi des entrées et des sorties de l’usine de La Hague. Ce système, appelé « système EXPER », a été approuvé par arrêté du 2 octobre 2008 du ministre chargé de l’énergie.

Les effluents gazeux se dégagent principalement lors du cisaillage des assemblages et pendant l’opération de dissolution. Le traitement de ces effluents gazeux s’effectue par lavage dans une unité de traitement des gaz. Les gaz radioactifs résiduaires, en particulier le krypton et le tritium, sont contrôlés avant d’être rejetés dans l’atmosphère.

Les effluents liquides sont traités et généralement recyclés. Certains radionucléides, tels que l’iode et le tritium, sont dirigés, après contrôle, vers l’émissaire marin de rejet en mer. Cet émissaire, comme les autres émissaires du site, sont soumis à des limites de rejet. Les autres effluents sont dirigés vers des unités de conditionnement du site (matrice solide de verre ou de bitume).

Faits marquants de l’année 2023

Évaporateurs concentrateurs de produits de fission

Au sein des ateliers R2 et T2, six évaporateurs sont utilisés afin de concentrer les solutions de produits de fission, avant que celles‑ci ne soient traitées par vitrification. À l’issue de mesures d’épaisseur des parois de ces équipements menées dans le cadre des réexamens périodiques des installations à partir de 2012, il a été constaté une corrosion plus avancée que prévu à la conception. L’ASN a donc décidé d’encadrer réglementairement la poursuite du fonctionnement de ces équipements afin que la surveillance de ces évaporateurs soit renforcée et que des moyens supplémentaires permettant de limiter les conséquences d’une éventuelle fuite ou rupture soient installés. Dans le cadre de cette surveillance particulière, des mesures d’épaisseur réalisées sur l’évaporateur 4120.23 de l’atelier T2 en septembre 2021 avaient montré que le critère opérationnel d’arrêt de l’évaporateur était atteint, ce qui avait conduit Orano à ne pas redémarrer cet équipement.

Pour remplacer ces évaporateurs, Orano construit de nouveaux ateliers, dénommés « Nouvelles concentrations des produits de fission » (NCPF) et comprenant six nouveaux évaporateurs. Ce projet, particulièrement complexe, a nécessité plusieurs autorisations et a fait l’objet de deux décisions de l’ASN en 2021, portant sur le raccordement actif du procédé des trois évaporateurs de NCPF T2, d’une part, et des trois évaporateurs de NCPF R2 d’autre part.

En ce qui concerne le projet NCPF T2, l’ASN a délivré l’autorisation de mise en service actif du projet le 16 septembre 2022. L’atelier T2 a été mis à l’arrêt au début du mois de septembre 2022 afin de procéder aux opérations de raccordement des nouveaux évaporateurs aux installations existantes et de poursuivre les essais préalables à la mise en service qui est intervenue mi‑avril 2023, sans retard significatif par rapport au planning initial. Dans le cadre de ce projet, l’ASN a effectué deux inspections relatives aux essais conduits par l’exploitant en 2022 et une inspection en février 2023.

Le projet NCPF R2 est décalé d’environ une année par rapport à NCPF T2 ; ainsi, les premiers essais ont été engagés en fin d’année 2022. Les opérations de raccordement des nouveaux évaporateurs aux installations existantes sont engagées depuis octobre 2023 et la mise en service est prévue en 2024. Dans le cadre de ce projet, l’ASN a effectué une inspection relative aux essais conduits par l’exploitant en 2023, ce qui a permis de constater que la projet NCPF R2 bénéficie effectivement du retour d’expérience du projet NCPF T2. L’ASN poursuivra ses actions de contrôle relatives au projet NCPF R2 en 2024

Projet Pérennité et Résilience

 
Les usines de retraitement du combustible usé d’Orano La Hague sont des installations uniques en France. Elles ont été mises en service principalement entre les années 1980 et 2000.

Dans l’objectif de maintenir en fonctionnement ces usines jusqu’à l’horizon 2040, Orano a mis en œuvre un programme de suivi du vieillissement des installations, appelé « Examen de Conformité Vieillissement ». Ce programme a été examiné par l’ASNR dans le cadre de l’instruction des réexamens périodiques et d’inspections.

À l’issue du Conseil de politique nucléaire de février 2024, la poursuite du retraitement du combustible nucléaire usé au-delà de 2040 a été annoncée. Pour ce faire, la poursuite d’exploitation des usines de La Hague est maintenant envisagée au-delà de 2040 et jusqu’à un horizon 2050-2060 correspondant aux périodes envisagées pour la mise en service des nouvelles usines de retraitement du programme nommé « Aval du futur ».

Orano a donc engagé en 2024 un programme baptisé « Pérennité / Résilience » dont l’ampleur et les objectifs dépassent le programme « Examen de conformité Vieillissement ». Ce programme conduit à raisonner sur un volume d’objets techniques notablement plus conséquent et à un horizon de temps bien supérieur à l’échelle décennale des réexamens périodiques des installations concernées.

Le volet Pérennité vise ainsi à fiabiliser et maintenir l’exploitation en sûreté des installations. Il comprend dans un premier temps une étape de diagnostic visant à identifier les objets techniques dont la défaillance ou l’arrêt remettraient en cause la capacité des installations à réaliser le programme de production attendu. Cette phase d’identification porte sur les équipements chaudronnés, mais aussi sur le génie civil, sur les câbles, les tuyauteries, etc. Ce sont ainsi de l’ordre d’un million d’objets techniques qui doivent être examinés. Une fois que les équipements concernés auront été identifiés, ils feront l’objet d’une analyse de leurs modes de vieillissement et de leur durée de vie résiduelle. Des plans d’actions spécifiques seront ensuite mis en œuvre pour les réparer, les renforcer ou les remplacer si nécessaire afin de permettre un fonctionnement jusqu’à l’échéance fixée.

Le volet Résilience est quant à lui destiné à sécuriser et garantir un niveau de retraitement des combustibles en sûreté. Il repose sur une analyse des risques de défaillance des installations, puis sur l’identification de solutions permettant d’y faire face. Dans ce cadre, Orano étudie plusieurs projets destinés à fournir des redondances d’équipements pour le fonctionnement des usines ou à permettre des interconnexions renforcées entre les deux usines actuelles.

Depuis avril 2024, Orano présente périodiquement à l’ASNR les principes et l’avancement des travaux qu’il a engagé dans le cadre de ce programme. En novembre 2025, l’ASNR a réalisé une première inspection sur la partie pérennité et, plus spécifiquement, sur la phase d’identification des objets techniques à examiner. Celle-ci a mis en évidence le travail important déjà réalisé par les équipes d’Orano, mais l’ASNR a noté le besoin de renforcer la formalisation de la méthodologie employée et la traçabilité des travaux menés.

En 2026, l’ASNR va amplifier les échanges techniques avec Orano et plusieurs inspections seront réalisées sur ce programme, afin d’apprécier sa complétude et la robustesse des actions mises en œuvre.

Appréciations 2025

En 2025, l’ASNR considère que les performances de l’établissement Orano Recyclage La Hague sont satisfaisantes pour ce qui concerne la sûreté nucléaire, la protection de l’environnement et la radioprotection.

En matière de sûreté nucléaire, l’ASNR relève un niveau de maîtrise satisfaisant des opérations de conduite. Dans le contexte d’évolution d’organisation lié au projet « Convergence », l’ASNR note positivement le travail effectué pour tenir compte du retour d’expérience de la première phase de ce projet et les mesures prises pour améliorer la sérénité au sein des salles de conduite mutualisées. Toutefois, des actions visant à pérenniser et contrôler la présence physique des documents d’exploitation aux endroits prédéfinis sur les installations sont attendues. L’ASNR considère également que des actions sont à mener afin de renforcer la gestion des inhibitions d’alarmes et des indisponibilités d’équipements.

Concernant les contrôles périodiques, l’ASNR considère que le suivi doit être renforcé pour corriger les écarts qui ont pu être observés en 2025 en lien avec les actions d’inhibition nécessaires pour la réalisation des contrôles, la définition du contrôle technique, le délai de validation, l’intégration documentaire de modifications matérielles, ainsi qu’avec le suivi des contrôles non conformes.

L’ASNR note positivement le déploiement en cours d’une organisation visant à améliorer la préparation et le suivi des arrêts pour exploitation. Toutefois, en matière d’obsolescence technologique, l’ASNR estime qu’un renforcement des actions visant à identifier des pièces de substitution pour les équipements importants pour la sûreté est attendu.

De manière plus globale, la poursuite d’exploitation des usines de La Hague étant maintenant envisagée au-delà de 2040, Orano a engagé un programme baptisé « Pérennité-Résilience » dont l’ampleur et les objectifs dépassent le programme de maintenance et de suivi du vieillissement lors des réexamens. En 2025, Orano a poursuivi la montée en charge initiée en 2024 de ce programme. L’ASNR note qu’un travail conséquent d’identification des équipements à risques a été effectué, mais que celui-ci n’en est qu’à ces débuts et demande à être consolidé et accompagné par un renforcement du référentiel, des bases de données et de la traçabilité.

En matière de surveillance des intervenants extérieurs, l’ASNR considère que l’organisation en place est opérationnelle, mais que celle-ci apparaît perfectible en ce qui concerne le niveau de précision des plans de surveillance et leur déclinaison à l’échelle de l’atelier, la rigueur de remplissage des compte rendus de surveillance et la surveillance des sous-traitants des
prestataires d’Orano.

En matière de gestion du risque incendie, l’ASNR relève positivement la bonne participation des personnels aux exercices mis en œuvre par les inspecteurs. En revanche, des améliorations sont attendues afin de corriger les écarts observés en matière de gestion des charges calorifiques et des ruptures de sectorisation lors des chantiers, sans analyse formalisée. De même, les actions engagées afin d’identifier, justifier ou corriger les écarts aux normes en ce qui concerne la maintenance et les contrôles périodiques des équipements concourant à la maîtrise du risque d’incendie sont à poursuivre. L’année 2025 a été marquée par un incendie survenu en zone contrôlée lors d’opérations de démantèlement de l’atelier MAPu, il conviendra d’en tirer le retour d’expérience tant au niveau des analyses de risque incendie, qu’au niveau interventionnel.

Concernant la radioprotection et les événements significatifs déclarés dans ce domaine, l’ASNR remarque que les facteurs humains sont prédominants, sans remettre en cause l’organisation actuellement définie. Sur la gestion des sources scellées, l’ASNR estime que l’exploitant doit consolider le suivi des sources radioactives en service et veiller à prendre les dispositions pour respecter le plan d’action relatif à l’élimination des sources scellées hors service et/ou périmées. Par ailleurs, la modernisation et la dématérialisation globale des outils utilisés pour la radioprotection en cours représentent une évolution importante, l’ASNR restera donc vigilante aux conséquences, tant humaines que matérielles, que pourront engendrer ces nombreux changements.

S’agissant de la protection de l’environnement en 2025, l’ASNR relève plusieurs événements ayant conduit au dépassement de valeurs limites encadrant les rejets de l’établissement dans le milieu naturel. Il convient de renforcer les dispositions techniques et organisationnelles permettant d’assurer le respect des prescriptions, en particulier au sein du procédé de traitement des effluents de l’INB 118.

L’ASNR observe également que les actions visant à renforcer la définition et l’appropriation des dispositions de maîtrise des risques non radiologiques sur l’établissement doivent être poursuivies, dans la continuité de différents constats formulés au cours de l’instruction de la mise à jour de l’étude des dangers. Il conviendra par ailleurs de concrétiser à l’échelle de l’établissement l’ensemble des actions initiées dans le cadre de l’analyse de l’événement d’une fuite d’acide nitrique sur un parc de stockage de réactifs survenue en 2024, et d’en évaluer l’efficacité.

L’ASNR a poursuivi l’examen de l’avancement des actions engagées dans la perspective d’un retour au fonctionnement nominal de l’ouvrage hydraulique du barrage des Moulinets. En 2024, l’ASN avait mis en demeure Orano Recyclage de se conformer aux dispositions réglementaires visant à restaurer l’état des installations du barrage. À l’issue de cet examen, l’ASNR considère que les actions mises en œuvre par Orano répondent aux demandes de la mise en demeure, mais qu’il conviendra de produire à moyen terme un bilan détaillé du retour d’expérience opérationnel.

L’ASNR note le maintien d’une organisation satisfaisante pour les transports externes et internes de substances radioactives. En matière d’événements, l’ASNR relève une situation globalement similaire à l’année 2024 pour le transport sur voie publique, mais une augmentation significative des événements pour les transports internes. L’ASNR constate en particulier la récurrence d’événements liés à la mauvaise fermeture des conteneurs présents dans certain type de colis et à des défauts de traçabilité ou de localisation de colis. Ces écarts avaient déjà été constatés par le passé et appellent des actions de la part d’Orano.

Par ailleurs, l’exploitant a finalisé la mise en place des améliorations des systèmes de transport interne sur le modèle EMEM. Cependant, l’exploitant a déploré des difficultés d’exploitation liées à l’allongement du temps de passage dans les ateliers. Afin d’y palier, Orano a mis en œuvre une nouvelle filière de transports internes dénommée « EMICA » pour les contenus les moins actifs. Il est attendu un retour d’expérience en 2026 de la mise en œuvre de cette nouvelle filière.

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Au cours de l’année 2025, Orano a poursuivi les opérations de démantèlement, y compris de reprise et conditionnement de déchets anciens (RCD) pour l’ensemble industriel UP2-400 du site de La Hague. Toutefois, deux événements marquants de l’année, concernant la survenue du départ de feu sur le chantier de reprise du bitume dans l’atelier MAPu et la contamination au sol dans le hall des bassins SAT/SAR de l’atelier STE2, ont conduit à des arrêts de chantier avec retards dans les projets de démantèlement.

De manière générale, le projet de démantèlement de l’atelier HAPF et le projet de RCD du silo 130, qui concernent les installations contributrices majeures au terme source mobilisable en cas d’incident de l’ensemble industriel UP2-400 en démantèlement, ont accusé de nouveaux retards en 2025 :

• Les opérations de rinçage des équipements de l’atelier HAPF, qui sont un préalable nécessaire à son démantèlement, n’ont pas pu être réalisées cette année encore en raison du délai de transmission par Orano d’éléments techniques nécessaires à la prolongation de l’exploitation des évaporateurs de l’atelier au-delà de l’échéance réglementaire de fin 2024. Cette autorisation a été signée par l’ASNR le 25 novembre 2025.

• L’objectif de fûts de déchets solides repris dans le silo 130 ne sera pas atteint pour l’année 2025 en raison de nouvelles défaillances d’équipements et ce, malgré les dispositions techniques et organisationnelles mises en place dans le cadre du projet de fiabilisation. L’ASNR considère qu’Orano doit poursuivre ses efforts pour améliorer la maintenance préventive des installations afin de garantir une cadence nominale de production permettant de finaliser la fin de la reprise des déchets solides en fin d’année 2027, date opérationnelle sans marge. Des difficultés sont également observées sur les étapes ultérieures du projet, en particulier sur la phase à venir de reprise des effluents, ce qui contribue également à retarder la baisse du terme source dans l’installation. Une consolidation du planning est en cours.

Pour le cas du silo HAO dont l’objectif de démarrage des opérations de reprise est désormais fixé au plus tard à 2032, de nouveaux équipements ont été intégrés dans la cellule de reprise en 2025. L’indicateur relatif à la livraison des équipements mécaniques a progressé mais reste toujours inférieur à l’objectif. L’ASNR relève par ailleurs que la recherche d’un nouveau fournisseur pour le dispositif de reprise des déchets de fond de silo vient apporter une incertitude sur l’échéance de reprise des essais. Plus généralement, une consolidation du planning est en cours à des fins de priorisation.

Par ailleurs, l’ASNR relève favorablement les avancées des opérations dans la zone Nord-Ouest de l’établissement de La Hague pour ce qui concerne la fin du démantèlement des fosses ECH, les projets relatifs à la fosse 2 et au chantier d’investigation de la tranchée C’, avec passage en études d’exécution en vue d’aménagements en 2026. Concernant plus particulièrement le Parc aux ajoncs, Orano devra prendre toutes les dispositions pour ne pas retarder les opérations d’assainissement.

Dans le cadre d’un réexamen de sûreté, Orano s’est engagé à déconstruire les étages supérieurs de l’atelier MAPu pour supprimer les interactions entre cet atelier et l’atelier BST1 en cas de séisme. Sur ce projet, l’ASNR a relevé favorablement la fin du désamiantage, des travaux de maçonnerie et de traitement du génie civil ainsi que les vérifications de déclassement pour un transfert en fin d’année 2025 aux équipes en charge de la déconstruction. Toujours en lien avec un réexamen de sûreté, l’ASN a édicté dans la décision n°2019-CD-0673 de l’ASN du 25 juin 2019, une prescription relative à l’arrêt de l’utilisation des caniveaux dits « actifs » de première génération de l’usine UP2-400 pour l’exploitation des usines après fin 2024. Orano n’ayant pas respecté cet engagement, l’ASNR a encadré le 1er juillet 2025 les échéances de mise en conformité par une mise en demeure.

Malgré le renforcement de la gestion des interfaces dans le cadre de la conduite du démantèlement global de l’ensemble UP2-400, l’exploitant devra porter une attention particulière aux interfaces entre le démantèlement et les modifications ponctuelles des installations.

S’agissant du maintien en conditions opérationnelles des installations en démantèlement, l’ASNR considère qu’Orano devra supprimer les infiltrations dans l’atelier HAO Sud et poursuivre la démarche initiée en 2024 d’analyse de la réalisation des contrôles et essais périodiques pour les équipements du périmètre du démantèlement.

 

Les installations arrêtées, en démantèlement :

INB 80 : atelier haute activité oxyde (HAO)

  • HAO/Nord : atelier de déchargement sous eau et d’entreposage des éléments combustibles usés
  • HAO/Sud : atelier de cisaillage et de dissolution des éléments combustibles usés

INB 33 : usine UP2‑400, première unité de retraitement

  • HA/DE : atelier de séparation de l’uranium et du plutonium des produits de fission
  • HAPF/SPF (1 à 3) : atelier de concentration et d’entreposage des produits de fission
  • MAU : atelier de séparation de l’uranium et du plutonium, de purification et d’entreposage de l’uranium sous forme de nitrate d’uranyle
  • MAPu : atelier de purification, de conversion en oxyde et de premier conditionnement de l’oxyde de plutonium
  • LCC : laboratoire central de contrôle qualité des produits
  • ACR : atelier de conditionnement des résines

INB 38 : installation STE2, collecte, traitement des effluents et entreposage des boues de précipitation et atelier AT1, installation prototype en cours de démantèlement

INB 47 : atelier ÉLAN IIB, installation de recherche en cours de démantèlement

Les installations en fonctionnement :

INB 116 : usine UP3-A

  • T0 : atelier de déchargement à sec des éléments combustibles usés
  • Piscines D et E : piscines d’entreposage des éléments combustibles usés
  • T1 : atelier de cisaillage des éléments combustibles, de dissolution et de clarification des solutions obtenues
  • T2 : atelier de séparation de l’uranium, du plutonium et des produits de fission, et de concentration/entreposage des solutions de produits de fission
  • T3/T5 : ateliers de purification et d’entreposage du nitrate d’uranyle
  • T4 : atelier de purification, de conversion en oxyde et de conditionnement du plutonium
  • T7 : atelier de vitrification des produits de fission
  • BSI : atelier d’entreposage de l’oxyde de plutonium
  • BC : salle de conduite de l’usine, atelier de distribution des réactifs et laboratoires de contrôle de marche du procédé
  • ACC : atelier de compactage des coques et embouts
  • AD2 : atelier de conditionnement des déchets technologiques
  • ADT : aire de transit des déchets
  • EDS : entreposage de déchets solides
  • D/E EDS : désentreposage/entreposage de déchets solides
  • ECC : ateliers d’entreposage et de reprise des déchets technologiques et de structures conditionnés
  • E/EV sud‑est : atelier d’entreposage des résidus vitrifiés
  • E/EV/LH et E/EV/LH 2 : extension de l’entreposage des résidus vitrifiés

INB 117 : usine UP2‑800

  • NPH : atelier de déchargement sous eau et d’entreposage des éléments combustibles usés en piscine
  • Piscine C : piscine d’entreposage des éléments combustibles usés
  • R1 : atelier de cisaillage des éléments combustibles, de dissolution et de clarification des solutions obtenues (incluant l’URP : atelier de redissolution du plutonium)
  • R2 : atelier de séparation de l’uranium, du plutonium et des produits de fission et de concentration des solutions de produits de fission (incluant l’UCD : unité centralisée de traitement des déchets alpha)
  • R4 : atelier de purification, de conversion en oxyde et de premier conditionnement de l’oxyde de plutonium
  • SPF (4, 5, 6) : ateliers d’entreposage des produits de fission
  • BST1 : atelier de deuxième conditionnement et d’entreposage de l’oxyde de plutonium
  • R7 : atelier de vitrification des produits de fission
  • AML – AMEC : ateliers de réception et d’entretien des emballages

INB 118 : installation STE3, collecte, traitement des effluents et entreposage des colis bitumés

  • D/E EB : entreposage des déchets alpha
  • MDS/B : minéralisation des déchets de solvant

Lettres de suite d'inspection

Lettres de suite d'inspection des installations nucléaires du site Orano du Tricastin

Inspection du 29/04/2026

Atelier Elan IIB Transformation de substances radioactives - Orano Recyclage

Installations classées pour la protection de l’environnement

INSSN-CAE-2026-0129.pdf (PDF - 349.27 Ko )
Voir les lettres de suite d'inspection

Avis d'incidents

Avis d'incident des installations nucléaires du site Orano du Tricastin

Publié le 11/02/2026

Usine de traitement d'éléments combustibles irradiés provenant des réacteurs nucléaires à eau ordinaire (UP3-A) Transformation de substances radioactives - Orano Recyclage

Verrouillage incomplet du couvercle de plusieurs paniers d’entreposage dans les piscines

Le 23 janvier 2026, Orano Recyclage a déclaré à l’ASNR un événement significatif relatif au non-respect des règles générales d’exploitation de l’atelier T0, piscines C, D, E et de l’atelier NPH, concernant le verrouillage du couvercle en position fermée sur le panier avant la préhension par les ponts-perches des paniers contenant au moins un combustible.

Publié le 06/08/2025

Usine de traitement d'éléments combustibles irradiés provenant des réacteurs nucléaires à eau ordinaire (UP3-A) Transformation de substances radioactives - Orano Recyclage

Non-respect des règles générales d’exploitation de l’atelier d’entreposage des coques compactées

Le 6 août 2025, Orano Recyclage a déclaré à l’ASNR le reclassement d’un événement significatif relatif au non-respect des règles générales d’exploitation de l’atelier ECC, concernant les conditions de fonctionnement de la ventilation du bâtiment.

Publié le 07/10/2024

Usine de traitement d'éléments combustibles irradiés provenant des réacteurs nucléaires à eau ordinaire (UP3-A) Transformation de substances radioactives - Orano Recyclage

Retard dans la réalisation de plusieurs contrôles périodiques

Usine de traitement des combustibles irradiés UP3-A en fonctionnement, exploitée par Orano Recyclage
Voir les avis d'incident

Courriers de position

Courriers de position des installations nucléaires du site Orano du Tricastin

Voir les courriers de position

Réglementation

Réglementation concernant les installations nucléaires du site Orano du Tricastin

Publié le 02/06/2026

DÉCISIONS DE L'ASNR

Décision nº CODEP-DRC-2026-031890 du président de l’ASNR du 28 mai 2026

Décision nº CODEP-DRC-2026-031890 du président de l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection du 28 mai 2026 approuvant les règles générales d’exploitation de l’installation nucléaire de base n°38, en application de l’article R.593-69-IV du code de l’environnement

Publié le 02/06/2026

DÉCISIONS DE L'ASNR

Décision nº CODEP-DRC-2026-031885 du président de l’ASNR du 28 mai 2026

Décision nº CODEP-DRC-2026-031885 du président de l’Autorité de sûreté
nucléaire et de radioprotection du 28 mai 2026 approuvant les règles
générales d’exploitation de l’installation nucléaire de base n°33, en
application de l’article R.593-69-IV du code de l’environnement

Publié le 20/04/2026

AUTORISATION DE MODIFICATION NOTABLE

Décision nº CODEP-CAE-2026-024130 du président de l’ASNR du 16 avril 2026

Décision nº CODEP-CAE-2026-024130 du président de l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection du 16 avril 2026 autorisant la modification notable des modalités d’exploitation autorisées des installations nucléaires de base n° 116 et n° 117
Voir les textes réglementaires

Participation du public

Participation du public concernant les installations nucléaires du site Orano du Tricastin

Consultation du 08/05/2026 au 07/06/2026

Usine de traitement d'éléments combustibles irradiés provenant des réacteurs nucléaires à eau ordinaire (UP3-A) Transformation de substances radioactives

Introduction de colis de déchets radioactifs dans l’atelier E/ECC

Les installations nucléaires de base (INB) n°s 116 et 117 (respectivement dénommées usine UP3-A et usine UP2-800), situées sur le site de La Hague dans le département de la Manche, ont pour fonction de réceptionner, entreposer puis retraiter les assemblages de combustible usés.

[2026.05.32]

0 Contributions

Consultation du 08/05/2026 au 07/06/2026

Usine de traitement d'éléments combustibles irradiés provenant des réacteurs nucléaires à eau ordinaire (UP3-A) Transformation de substances radioactives

Introduction de colis de déchets radioactifs dans la fosse 60 de l’atelier E/EV/LH2

Les installations nucléaires de base (INB) nos 116 et 117 (respectivement dénommées usine UP3-A et usine UP2-800), situées sur le site de La Hague dans le département de la Manche, ont pour fonction de réceptionner, entreposer puis retraiter les assemblages de combustible usés.

[2026.05.31]

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Consultation du 20/01/2026 au 02/02/2026

Atelier Haute activité oxyde (HAO) Transformation de substances radioactives

Conditionnement en colis "CSD-C HAO" de déchets de MA-VL - silo HAO La Hague

L'atelier "haute activité oxyde" (HAO), installation nucléaire de base (INB) 80, a été créé en 1978 pour traiter les assemblages combustibles issus de réacteurs à eau ordinaire (REP). Ce traitement comprenait le cisaillage des assemblages et leur immersion dans de l'acide nitrique pour dissoudre le combustible. Le silo HAO, intégré à l’INB 80 a permis l’entreposage des coques et embouts (morceaux de gaine et embouts de combustible) en vrac, des fines de cisaillage provenant essentiellement du cisaillage des assemblage de combustible retraités, des résines, et des déchets technologiques issus de l’exploitation de l’atelier HAO entre 1976 et 1997.

[2026.01.05]

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Archives des actualités ASN

Actualités des installations nucléaires du site Orano du Tricastin jusqu'au 2 janvier 2025.

Les actualités de l'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) sont désormais publiées sur le site www.asnr.fr.

Publié le 20/06/2024 à 11:20

L'ASN met en demeure l'établissement Orano La Hague

Le 19 juin 2024, l’ASN a mis en demeure Orano Recyclage de se conformer aux dispositions réglementaires visant à restaurer l’état des installations du barrage des Moulinets, lequel assure l’approvisionnement en eau du site de La Hague.
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